Sur la dernière ligne droite...

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Publié le 24 octobre 2008.

USA 2008 - Pourquoi les sondages sont-ils toujours plus serrés avant l'élection? L'analyse de Slate...

A deux semaines de l'élection, certains sondages montrent que l'écart entre les sénateurs John McCain et Barack Obama diminue. Ce qui colle tout à fait avec ce que dit la sagesse populaire: que l'écart lors d'une campagne présidentielle a tendance à se resserrer dans les quelques jours avant le vote. Ce rapprochement final dans les sondages est-il un phénomène avéré?

Oui. Dans 10 des 15 élections qui se sont tenues entre 1944 et 2000, le candidat qui avait l'avantage dans les sondages le jour de la Fête du Travail (le 1er septembre) a vu son avance diminuer lors du dernier sondage (y compris Thomas Dewey, qui a réussi à perdre face à Harry Truman en 1948 alors qu'il avait toujours été en tête dans les enquêtes d'opinion). Si vous faites la moyenne de ces 15 élections, l'avance constatée le jour de la Fête du Travail s'est retrouvée divisée par 2 le jour du scrutin. Mais celui qui était en tête l'a toujours emporté, sauf dans le cas Dewey-Truman. En d'autres termes, le rapprochement de dernière minute n'est pas une règle intangible, mais c'est un phénomène avéré.

Pourquoi?
Les chercheurs donnent plusieurs explications. Certains pensent que les électeurs peuvent changer d'avis, mais aucune preuve statistique ne vient étayer cette thèse. D'autres interprètent ces avances décroissantes (ainsi que les moindres variations entre les derniers sondages) par le fait que les électeurs en reviennent à la fin à leurs préférences traditionnelles. Si l'on en croit cette théorie, les électeurs ont plus de chances de penser de manière indépendante en août qu'en novembre. Si un candidat fait une grosse gaffe en août, un grand nombre d'électeurs non engagés ou peu engagés va passer dans le camp adverse, et cela va provoquer une vague dans les sondages. Mais tous ces mois durant lesquels les candidats passent leur temps à en appeler à la fidélité des électeurs servent à quelque chose: quant un candidat est affaibli, les électeurs qui votent traditionnellement pour son parti reviennent à lui. C'est pourquoi la même gaffe en novembre fera fuir beaucoup moins d'électeurs qu'avant, et les écarts qui se resserrent dans les sondages reflètent le nombre de soutiens vraiment engagés de chaque camp.

Une autre théorie attribue le resserrement à une simple question mathématique. Disons que 10% des supporters de chaque candidat décident de changer de camp dans les dernières semaines de la campagne. Le même pourcentage chez le candidat qui est parti avec plus de soutiens représente mathématiquement un exode plus large, ce qui conduit à resserrer la bataille. De même, si les électeurs indécis se partagent à part égale dans les derniers jours entre les deux camps, ils vont, en proportion, représenter un plus large soutien pour le candidat en retard dans les sondages – là encore l'écart se resserre. Mais peu d'analystes croient que l'on peut expliquer ainsi l'intégralité du rapprochement observé.

Autre phénomène, lié: le dernier sondage, en général, surestime l'écart final entre les deux candidats. De 1944 à 2000, les derniers sondages prévoyaient en moyenne un écart de 2,2% supérieur au véritable écart du vote national. Comme il y a très peu de temps entre le dernier sondage et le vote, ce phénomène ne peut certainement pas s'expliquer par un changement d'avis des électeurs. Beaucoup pensent plutôt que les électeurs hésitent à dire au sondeur qu'ils soutiennent le candidat perdant – une tendance connue sous le nom de «spirale du silence».

Posté le 21 octobre 2008 sur Slate


Brian Palmer (traduction 20minutes.fr)
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