Pelvoux, le village qui rêve des JO

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Publié le 24 octobre 2008.

OLYMPISME - Niché dans les Hautes-Alpes, la commune de 450 habitants a présenté un dossier au CNOSF pour 2018...

Imaginez un peu. Février 2018, le monde entier a les yeux braqués sur les Hautes-Alpes Les présidents du CIO et du CNOSF s’avancent main dans la main sur les bords du lac de Serre-Ponçon pour déclarer ouverts les XXIe Jeux olympiques d'hiver à… Pelvoux. Pure montagne et fraiche en ressources.

Le scénario paraît absurde, mais la commune de 450 habitants figure bien aujourd’hui sur la liste du CNOSF pour briguer l’organisation de l’événement planétaire le plus convoité de l’année. Après le retrait de Gap, la candidature de Pelvoux est présentée comme «légitime, pertinente et opportune» par des élus des Alpes du Sud. Au même titre que celle de Grenoble, Annecy et Nice, elle sera donc défendue en mai prochain devant les pontes du CIO. Avec quelques arguments détonants.

«Pas là pour construire des buildings»

Conscients que la commune des Ecrins ne verse pas vraiment dans le gigantisme olympique, les responsables du projet mettent en avant une candidature «nature et économique». «On n’est pas là pour construire des buildings», se défend Gérard Sémiond, le maire de Pelvoux, qui présente d’emblée sa commune comme la «plus élevée des Alpes du Sud». C’est d’ailleurs pour cette raison que Pelvoux a été désignée.

Concrètement, aucune épreuve n’est prévue dans le village. «Juste un peu d’hébergement», poursuit le maire. Même pour les cérémonies de remise des médailles, la grand-place n’est pas adaptée. Alors Gérard Sémiond doit improviser. A 1.500m de là, dans le hameau de Aile-Froide, il imagine déjà «un grand podium en neige construit sur un vaste replat».

La patinoire à Marseille

Côté sport, toutes les épreuves seraient réparties dans un rayon de 50 kilomètres, hormis celles prévues à Marseille, où pourrait s'élever un centre pour les sports de glace. Avec la station voisine de Serre-Chevalier, Pelvoux tient sa piste de ski olympique. En Italie, elle pourrait recycler les pistes de bobsleigh, skeleton et luge déjà utilisées pour les Jeux de Turin en 2006. Quant aux cérémonies d’ouverture et de clôture, elles ne nécessiteront pas de création de stade. Quelques gradins montés au bord du lac feront l’affaire.

Difficile en effet de faire plus économique. «Cette candidature coûte deux fois moins cher que les autres. On ne prévoit aucun gros aménagement et tout ce qui sera construit sera démontable. J’espère que ça permettra à tout le monde d’avoir à nouveau les pieds sur terre. Je sais qu’on n’a quasiment aucune chance d’organiser les Jeux, mais au moins, la candidature de Pelvoux est différente des autres.» Quoi qu'il arrive, on se souviendra au moins de son nom.
Romain Scotto
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