A onze jours de l'élection générale, les sondages donnant la victoire à Barack Obama se multiplient. Mardi, le très sérieux institut Pew prédisait même un raz-de-marée en faveur du candidat démocrate avec, au niveau national, 52 % des suffrages contre 38 % à son rival républicain. John McCain serait-il déjà fini ? C'est loin d'être sûr. Obama, le premier, exhorte ses partisans à ne pas se démobiliser. « A tous ceux qui se sentent trop sûrs d'eux (...), je n'aurai que deux mots : New Hampshire », a-t-il récemment rappelé. Au début des primaires démocrates, les enquêtes d'opinion lui attribuaient, avec une avance de 8 points cet Etat de la côte est. Or, c'est Hillary Clinton qui l'a emporté.
L'effet Bradley
Ce récent échec témoigne de la fragilité des enquêtes d'opinion, affirme Scott Ketter dans The Wilson Quarterly. En 1982 aussi, les sondeurs échouent à prévoir la défaite de Tom Bradley, candidat noir pour le poste de gouverneur de Californie. Depuis l'investiture d'Obama, les médias n'ont de cesse d'agiter « l'effet Bradley » - on dit qu'on vote pour un Noir, mais une fois dans l'isoloir on se dédit - pour contrebalancer l'optimisme des enquêtes.
Les indécis
Autre motif d'espoir pour le camp McCain, le réservoir d'indécis : un électeur sur cinq se déclarerait susceptible de changer d'avis. Si bien que, malgré l'avance moyenne de 5 points d'Obama sur McCain dans un certain nombre de « swing states » tels que le Colorado, l'Ohio, le Nouveau-Mexique ou encore la Virginie, qui devrait lui assurer une majorité de grands électeurs, une victoire de McCain reste possible.
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