Des chambres, une infirmerie, un restaurant, des salles de soin, le tout 24 heures/24. « Lits halte soins santé » (LHSS) hébergent les SDF en « cruel besoin de soins » médicaux. Des exclus pas assez malades pour être hospitalisés, mais trop pour rester à la rue ou dans les foyers d'urgence. Christine Boutin a passé une heure hier après-midi dans le seul LHSS parisien, dans le 9e arrondissement. Un lieu ouvert en 2003, qui dispose de quarante places hommes et femmes.
L'an dernier, ce centre a vu transiter 307 personnes - en grande majorité des hommes - pour une durée moyenne de 38 jours. « Mais la durée d'hébergement a tendance à s'allonger, nos pensionnaires étant de plus en plus âgés et donc de plus en plus malades », précise Sylvie Justin, la directrice de SOS Habitat et Soin l'organisme de gestion. Maladies cardiaques lourdes, tuberculoses - six cas actuellement au centre - multitraumatismes, la liste des affections est longue. « Nous sommes à mi-chemin entre le social et le médical. En amont, les hôpitaux font pression pour nous envoyer des personnes dont ils ne veulent plus ; en aval, nous recueillons des exclus qui refusent l'hospitalisation », explique Bernard Jomier, le médecin généraliste des lieux. Mohamed, 52 ans, vit au centre depuis quatre mois. « J'ai connu l'hôpital, ici c'est plus convivial, plus intime », confie cet homme qui a enchaîné les séjours en foyers d'accueil d'urgence. « Sur les 307 pensionnaires de 2007, quelques-uns sont retournés à la rue, mais beaucoup ont été placés en hébergement d'urgence », assure Sylvie Justin. Deux cents « lits halte soins santé » doivent être créés l'an prochain en France, s'ajoutant aux 671 existants.