Présidence de l’Europe: Nicolas Sarkozy s’y verrait bien un an de plus
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Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen, le 10 juillet 2008 à Strasbourg Eric Feferberg AFP
POLITIQUE – Le Président souhaiterait que la France préside l’Eurogroupe, le gouvernement économique de l’Europe...
Sarkozy y a pris goût. Après avoir tenu les rênes de l'Europe lors des crises géorgienne et financière, le Président français chercherait, d'après des révélations du «Monde», à rester à la manœuvre jusqu'en 2010, alors que sa présidence de l'Union européenne arrive à échéance le 31 décembre. Explications.A la suite du «non» irlandais, le traité de Lisbonne et son principe d’une présidence stable de l’UE ne rentreront pas en vigueur le 1er janvier 2009 comme il était initialement prévu. Comme le veulent les règles de roulement, c'est donc la République tchèque qui occupera la présidence tournante au premier semestre 2009.
«Plus que jamais...»
Mais l’Elysée estimerait qu'en ces temps économiques troublés, il n’est pas judicieux de laisser la présidence à un pays ne figurant pas dans la zone Euro. D'où l’idée de Nicolas Sarkozy de renforcer l'Eurogroupe, cette structure informelle qui réunit les 15 ministres de l'Economie des pays ayant adopté la monnaie unique.
«Plus que jamais, l'Europe prend conscience qu'elle a besoin d'un véritable gouvernement économique, dont elle vient d'expérimenter ce qu'il pourrait être, et l'utilité qu'il pourrait avoir», a affirmé ce jeudi le chef de l'Etat dans son discours sur les entreprises à Annecy.
L’Espagne en 2010
L'idée serait de transformer l’Eurogroupe, cette réunion des ministres, en une réunion des chefs d'Etat, comme cela avait été le cas lors du sommet du 12 octobre où les contours du plan de sauvetage européen ont été arrêtés. Cette proposition suscite de fortes réserves en Allemagne, traditionnellement attachée à l'indépendance absolue de la Banque centrale européenne (BCE) vis-à-vis des instances politiques.
Or, Nicolas Sarkozy se verrait bien dans la peau d'un président de l'Eurogroupe jusqu'à la fin 2009. Pourquoi cette date? Cela permettrait de rendre la présidence à l'Espagne le 1er janvier 2010, en tant que premier pays de la zone Euro à présider l'UE après la France.
C'est «nein» pour l'Allemagne
Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes a accrédité ce jeudi cette hypothèse de travail: «Il y a un président de l'Eurogroupe aujourd'hui, c'est (le Premier ministre luxembourgeois) Jean-Claude Juncker [...] Après, il y a un homme dont l'énergie est saluée par tout le monde, qui est Nicolas Sarkozy.»
Mais l'Allemagne a directement sifflé la fin de la récré en précisant ce jeudi, par la voix du porte-parole d'Angela Merkel, que «le président naturel» d'un Eurogroupe au niveau des chefs d'Etat serait... Jean-Claude Juncker. La guerre froide Sarkozy-Merkel continue.
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