INTERVIEW - Le président du Syndicat des médecins généralistes raconte l'organisation de la santé française de demain...
Attention, travaux. Le projet de loi «
Hôpital, patients, santé et territoires», présenté ce mercredi par Roselyne Bachelot, ouvre le grand chantier du système de santé français. Martial Olivier-Koehret, président du Syndicat des médecins généralistes et auteur du livre «La santé aux urgences», livre son sentiment sur l'organisation des soins en France.
Une réforme du système de santé était-elle nécessaire?
Oui, et tous les experts sont d'accord sur le diagnostic depuis les Etats généraux de l’organisation de la santé qui se sont tenus à l'automne 2007. La France n'avait jamais réellement organisé son système de soins. La mission des médecins généralistes n'avait, par exemple, jamais été définie. Aujourd'hui, on sort du 19e siècle pour entrer dans le 21e. La mise en place des agences régionales de santé (ARS) va vers une simplification des relations administratives, ce qui est une bonne chose.
Donc, la loi «Hôpital, patients, santé et territoires» vous convient?
Disons que c'est une loi de préfiguration. Il reste tout de même une foule de questions à régler, dont celles des financements qui sont aujourd'hui très compliqués à obtenir. Et janvier 2009 semble bien loin, alors que le tissu démographique se détériore rapidement sur le terrain. Il y a urgence à mettre en place les maisons de santé pluridisciplinaires.
En quoi consistent ces «maisons de santé pluridisciplinaires»?
Ce sont des structures de proximité regroupant plusieurs professionnels de santé (médecin généraliste, infirmière, kiné). Ce type de fonctionnement peut attirer les médecins dans les zones où ils font cruellement défaut. Il en existe aujourd'hui quelques centaines, basées uniquement sur le volontariat. Demain, les ARS définiront les besoins par territoires.
Peut-on brosser un tableau du système de santé français de demain?
Si on se base sur le projet de loi, une organisation possible est la suivante: en premier recours, les patients auront affaire aux maisons de santé pluridisciplinaires. Celles-ci seront à même d'organiser leur passage vers une structure de proximité, pour les hospitalisations au long cours. En cas de besoin, elles pourront aussi les adresser à un grand centre hospitalier, plus éloigné.
Recueilli par Julien Ménielle