Hoffenheim: le village qui fait trembler le foot allemand

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Publié le 24 octobre 2008.

FOOTBALL – Comment un milliardaire a fait du club de sa commune la nouvelle terreur de la Bundesliga…

Hoffenheim, 3 300 habitants dans le Bade-Wurtemberg (région de Stuttgart). Au programme: une mairie, un marchand de kebab, une allée principale et un club de foot histoire de tromper l’ennui le week-end venu. Sauf qu’à Hoffenheim, les querelles de clochers contre les villages voisins laissent place à des chocs télévisés face aux Bayern Munich, Brême ou Hambourg.

Hoffenheim et sa population à faire passer Auxerre pour une mégalopole squattent depuis le début de saison les sommets du championnat d’Allemagne. Après huit journées, TSG Hoffenheim 1899 occupe la deuxième place du classement. «La vie est calme, très calme. Il n’y pas beaucoup de distractions», concède l’attaquant bosniaque Vedad Ibisevic. Cette réussite imprévue, le village la doit d’abord à la générosité d’un enfant du pays, Dietmar Hopp.

Milliardaire et ancien attaquant

Septième fortune allemande, Hopp, 69 ans, est le co-fondateur de SAP, fleuron de l’informatique outre-Rhin. Mais avant de devenir un génie des logiciels pour les entreprises, Hopp a usé ses crampons comme attaquant du TSG. Tout chéquier dehors, le milliardaire fait passer en huit ans le club de son cœur de la cinquième division à la Bundesliga. Promis aux pires déculottées en début de saison, Hoffeinheim n’en finit plus de surprendre. «Les bouseux» (le petit nom donné par les supporters de Stuttgart) énervent et pas qu’un peu.

Club sans âme, caprice de milliardaires, «Chelsea allemand», les villageois ne font plus rire. Lors de la 5e journée, des fans de Dortmund en appelle à se débarrasser de Hopp, détournant sur une banderole une réplique de Terminator où on peut y lire: «Hasta la vista Hopp». «Je ne comprends pas les gens qui pensent que seuls les grands clubs traditionnels auraient le droit d’exister. Si l’on appliquait cela à l’économie, Microsoft, Google ou SAP n’existeraient pas», rétorque Hopp à ceux qui s’inquiètent de la montée en puissance de son club.

Un stade de 30 000 places en janvier

Malgré les critiques, Hoffeinheim entend bien s’installer en Bundesliga et pourquoi pas en Ligue des champions à l’échéance 2012. Aux 150 millions d’euros déjà investis, son mécène en a rajouté 50 pour ériger une enceinte de 30 000 places, prévue pour janvier 2009. Un projet pharaonique pour un patelin, sauf que le TSG attire 26 000 spectateurs à Mannheim où il évolue depuis le début de saison.

Sur le terrain, Hoffenheim déroute tout autant. Vieux loup du foot allemand, l’entraîneur Ralf Rangnick ne quémande même pas à son riche président des noms ronflants. Malgré les millions à disposition, Rangnick explique à l’intersaison qu’il ne recrutera pas un joueur de plus de 25 ans. «Je n’ai pas besoin de vieux dans mon équipe qui m’expliquent comment le football fonctionne. Ca, je le sais déjà». Résultat, le Ribéry local s’avère être un ancien habitué de la réserve du PSG. Arrivé en provenance de Dijon, le Bosniaque Vedad Ibisevic trône en tête du classement des buteurs avec huit réalisations. Décidément, on est plus à une blague près à Hoffenheim.
Alexandre Pedro
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