INTERVIEW - Le chanteur soul et R'n'B John Legend présente son nouvel album, qui sort le 27 octobre, et revient sur son engagement pour Barack Obama...
Après avoir vendu plus de cinq millions d’albums dans le monde, Jonh Legend, le protégé de Kanye West, s’émancipe et revient avec un nouvel album, «Evolver», qui sort le 27 octobre. Ce troisième opus s’annonce comme un virage: le chanteur y lâche son piano fétiche pour passer au synthé et proposer un son plus recherché que sur ses précédents opus. Une ouverture musicale doublée d’une ouverture aux autres: le chanteur, devenu militant contre la pauvreté, s’est vu décerner le Humanitarian Award 2008 par l’organisation CARE. Rencontre.
Pour ce nouvel album, le troisième, vous avez rangé votre piano pour vous concentrer sur un son plus «moderne». Est-ce un virage pour vous?
Je pense que j’ai conservé les mêmes bases pour écrire mes chansons. Le deuxième album, «Once Again», était très classique et romantique. Pour «Evolver», j’ai voulu intégrer plus d’électronique et m’amuser un peu. Je voulais montrer une autre facette musicale. Le tempo est plus rapide, l'album sonne différemment de ce que j’ai fait jusqu’à présent car j'utilise plus d'instruments. Une de mes chansons préférées est «Good morning». Elle parle de la personne avec laquelle on veut se réveiller le matin, celle qui nous fait rester un peu plus longtemps au lit avant d’aller travailler…
Vous recevez encore de nombreux artistes…
Oui, il y en a cinq pour l’album vendu en France: Andre 3000, Kanye West, Estelle, Brandy et Buju Banton qui est un roi du dancefloor. Mon producteur pensait que ce serait vraiment cool de l’avoir. Je chante avec lui sur «Can't Be My Lover», il apporte une authenticité dancehall à cette chanson. Vocalement, il n’a pas d’égal.
Vous affirmez vous sentir «plus impliqué dans le monde qui vous entoure». Par quoi cela passe-t-il?
Avant je ne pensais qu’à la musique. Aujourd’hui, je prends davantage conscience de l’importance des problèmes sociaux et de la politique. Je pense que les pays dits développés ont le devoir de tendre la main aux autres, en difficulté. Quand j’ai le temps, je profite de ma notoriété pour attirer l’attention sur ces problèmes, notamment via la campagne «Show me», lancée en 2007, pour lutter contre la pauvreté par le développement durable et qui a contribué à aider un village en Tanzanie.
Vous vous êtes également affiché en faveur du camp démocrate, notamment en interprétant la chanson engagée «If You're Out There», pour la première fois à l’ouverture de la convention nationale démocrate, en août 2008 (voir la vidéo ci-dessus)... Pensez-vous que les Américains sont prêts pour un président noir?
Cette élection est très importante. Après huit années de George W. Bush, les gens ressentent un besoin urgent de changement, ils ne sont vraiment pas contents de l’état actuel de la nation. Le fait qu’un candidat noir ou qu’une femme puisse accéder à la Maison Blanche a également renforcé l’intérêt porté à cette élection. Mais je pense que Barack va gagner. Tous les Américains ne sont peut-être pas prêts pour un président noir mais il y en a suffisamment, au moins 51%!
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