Les magistrats expriment leur «ras-le-bol» à Rachida Dati

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Publié le 23 octobre 2008.

JUSTICE - Ils ont lancé une journée d'action ce jeudi matin pour protester contre les mesures de la Garde des Sceaux...

Ils lui reprochent son activisme désordonné, et la liste est longue. Les trois principaux syndicats de la magistrature ont lancé une journée d’action ce jeudi matin pour rappeler le désarroi des magistrats après 17 mois de présence de Rachida Dati à la Chancellerie.

Réforme express de la carte judiciaire, convocations de procureurs pour des propos critiques ou des statistiques décevantes, mutations «forcées», «injonctions contradictoires», «constantes pressions»: les syndicats ont alerté le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur «les attaques contre l’indépendance» des magistrats de Mme Dati dont ils dénoncent également les «inconséquences» de la politique pénale.

>>>> Même chez les magistrats en herbe, à l'Ecole nationale de la magistrature, on a accueilli mercredi Rachida Dati avec méfiance.

Les robes noires soutiennent également les magistrats. Le Conseil national des barreaux (CNB), qui représente l'ensemble des avocats de France et de Navarre, les a appelés «marquer leur solidarité» avec la journée de mobilisation.

«Boucs émissaires»

La goutte d’eau, à l'origine de la journée d'action, est la convocation tard dans la nuit de magistrats ayant eu en charge le dossier d'incarcération d'un mineur, qui s'est suicidé à la prison de Metz-Queuleu le 6 octobre.

Refusant d'être les «boucs émissaires» d'une politique du «tout carcéral» et du «tout sécuritaire», les trois principaux syndicats ont appelé d'une même voix à la mobilisation.

Cacophonie

«Il y a un ras-le-bol. La braise couvait et l'ouragan de la semaine dernière a fait partir l'incendie», explique Christophe Régnard, président de la puissante Union syndicale des magistrats (USM), au diapason du Syndicat de la magistrature (SM) et de Force ouvrière-magistrats.

Dernière illustration selon eux: FO-magistrats a annoncé mardi que Rachida Dati avait décidé la veille de différer à 2009 et de limiter le champ d'application d'un décret prévoyant que tout mineur condamné devrait être présenté à un magistrat du parquet avant son incarcération.

Ce décret, annoncé par la Garde des Sceaux trois jours après le suicide du jeune détenu de Metz-Queuleu, était pourtant paru immédiatement au Journal officiel…
Avec AFP
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