De notre envoyé spécial à Las Vegas
Mardi, à Las Vegas, (lire notre reportage) elle était sur la scène, juste derrière Sarah Palin, avec une pancarte «j’ai voté pour elle [Hillary Clinton], maintenant je vote pour eux [McCain/Palin]. Rencontre avec Jan Terry, qui n’a «pas de regret ni de scrupules».
Lors de la convention, Hillary Clinton vous a demandé de soutenir Obama si vous croyiez aux idées qu’elle avait défendues…
Je n’ai pas trahi Hillary. Quand elle a concédé sa défaite, McCain est devenu le seul choix possible. Je l’ai fait sans regret ni scrupule. Les Etats-Unis sont en crise. Il faut quelqu’un d’expérimenté. On ne peut pas se permettre de tenter un pari avec Obama qui n’a rien prouvé.
Mais Sarah Palin, c’est un peu l’anti Hillary, non?
Sur l’avortement oui, et je ne partage pas ses positions. Mais ce sont des choix personnels. Et à coté de ça, elle amène une vraie fraîcheur, un dynamisme, une volonté de fer.
Pourquoi Obama n’a pas réussi à vous conquérir?
D’abord à cause de ses positions bien trop socialistes. Quand il parle, il se positionne comme un centriste, mais la réalité de ses votes montre qu’il est très à gauche. Ensuite il n’a pas d’expérience. Au moins Sarah Palin a dû prendre des décisions à la tête de l’Alaska, pas lui. Mais surtout, il y a trop d’inconnues autour de lui. Je ne parle pas des rumeurs absurdes mais de faits avérés: pourquoi ne veut-il pas rendre public son dossier scolaire de Columbia, comment a-t-il payé pour aller à Harvard, pourquoi trouve-t-on dans son entourage des gens comme William Ayers ou Jeremiah Wright. Dès qu’on l’interroge sur ces sujets, il les balaie comme anecdotiques. Mais savoir qui est vraiment un candidat est fondamental.
[son mari, Ray, ancien militaire, prend la parole]
J’ai travaillé au Département de la défense sous Bush père et Clinton. Si j’avais reçu le CV d’Obama tel quel, je n’aurais jamais pu l’embaucher. Trop de zones d’ombre. Et certains le veulent comme président?