La télé locale dans la ligne de mire
0 commentairesL'heure est à la morosité dans la petite lucarne. Après l'intégration du journal local de France 3 dans l'édition régionale en septembre et la fermeture du bureau local de M6 prévue demain soir, une suppression d'effectifs a été annoncé à TéléToulouse (TLT) jeudi dernier. La mesure, qualifiée par les salariés de TLT de « plan social de grande ampleur » prévoit la suppression de 33 postes sur 53, soit une diminution de 63 %. « Au total, il y a 32 CDI et 20 postes d'intermittents. Ces derniers représentent une cinquantaine de personnes car deux à trois pigistes peuvent tourner sur un seul poste. Ce sont donc plus de cinquante personnes qui pourraient être licenciées », précise Stéphanie, infographiste à TLT depuis neuf ans.
L'année dernière, la chaîne a perdu 1,3 million d'euros, notamment à cause du double coût de diffusion, sur la TNT et sur le réseau hertizien. « Sur l'exercice 2008, TLT est à 900 000 euros de pertes. Les actionnaires en ont assez de perdre de l'argent, c'est pourquoi ils demandent une relance », explique Franck Demay, le nouveau directeur général. Le 31 octobre, il devrait présenter son projet de restructuration. « TLT va continuer à vivre et aucun plan social n'est prévu, ajoute-t-il. Certes il va y avoir une réduction d'effectifs, mais aujourd'hui, je ne peux pas dire à quelle hauteur. La situation est grave, mais pas elle n'est pas désespérée, à condition que salariés et actionnaires prennent leurs responsabilités. »
De leur côté, les syndicats comptent sur le soutien des collectivités locales pour sauver la chaîne et notamment sur celui de la mairie. Actionnaire à 20 %* de TLT, elle n'a pas souhaité répondre à nos questions. Selon les salariés, Pierre Cohen, maire (PS) de Toulouse, avait « promis de ne pas licencier ». Réponse à la fin du mois.