Serge Regourd
Professeur à l'université des sciences sociales et directeur de l'Institut du droit de la communication*.
A quoi peut-on imputer le déclin de l'audiovisuel toulousain ?
C'est la conjonction de plusieurs facteurs. Depuis un an et demi, la TNT monte en puissance. Elle fait aujourd'hui 11 % de part d'audience. Ensuite, les pratiques culturelles des 16-24 ans se sont modifiées. Ils passent en moyenne une heure et demi de moins devant le petit écran que les autres téléspectateurs, au profit d'Internet. La troisième raison est relative au marché publicitaire. La TNT et le Web piquent les pubs, ce qui entraîne une bousculade sur le marché et une incertitude globale sur l'avenir.
Comment voyez-vous l'avenir des télévisions locales ?
Avec la disparition du décrochage local de M6, la restructuration de France 3 et le plan social à TLT, c'est clairement une paupérisation de l'information, dans sa qualité et dans sa quantité. C'est un recul du pluralisme, composante de la démocratie. Toulouse perd aujourd'hui en information télévisée de proximité. Mais c'est le rôle des télévisions locales d'assurer une mission de service public. Seule TLT peut désormais le faire.
Selon vous, quelles sont les solutions pour TLT ?
Je ne crois pas qu'elle puisse sauver sa peau sans l'intervention des collectivités territoriales. C'est leur responsabilité politique qui est aujourd'hui engagée. La mairie, actionnaire à 20 % dans TLT, ne peut pas s'en désintéresser. Elle a clairement un intérêt local à la sauver.