Poursuivis pour homicides et blessures involontaires, le constructeur automobile Volvo et une institutrice de 58 ans comparaissent aujourd'hui et demain devant la cour d'appel de Colmar. Au volant d'un modèle 850 TDI de la marque suédoise, la conductrice avait fauché trois enfants âgés de 9 à 10 ans, le 17 juin 1999 à Wissembourg. Deux d'entre eux avaient trouvé la mort dans le choc.
La conductrice a toujours clamé que le drame résultait d'un dysfonctionnement de son véhicule. En janvier, elle avait été condamnée en première instance par le tribunal correctionnel de Saverne à une peine de six mois de prison avec sursis, assortie d'un an de suspension de permis de conduire et d'une amende de 300 euros. L'institutrice avait alors expliqué que le drame s'était déroulé sur « une route en descente, où il faut toujours freiner. Tout d'un coup, la pédale était dure. »
Une thèse contestée par les avocats de Volvo, selon qui le dispositif de freinage du véhicule fonctionnait parfaitement. Les juges avaient considéré que le constructeur « avait commis une faute de négligence » en n'indiquant pas à ses clients que « le système d'assistance au freinage pouvait présenter une défectuosité inopinée ». La firme, condamnée à une amende de 200 000 euros, avait décidé de faire appel.