Deuxième titre pour l'Olympique de Marseille, époque Louis-Dreyfus. Après avoir remporté en 2005 la coupe Intertoto, l'OM est devenu hier le premier club de Ligue 1 à voir son actionnaire principal condamné pour abus de biens sociaux. La Cour de cassation a confirmé, hier après-midi, les peines attribuées en appel dans le procès des transferts suspects de l'OM. Robert Louis-Dreyfus écope donc de dix mois de prison avec sursis. Pas glorieux, mais la situation de Rolland Courbis est pire : condamné pour complicité, l'ancien entraîneur de Marseille, actuellement en poste à Montpellier, va devoir purger une peine de deux ans de prison ferme.
Avec douze autres prévenus, les deux hommes avaient été jugés pour quinze transferts de joueurs, sur trois saisons de 1997 à 1999, pour un préjudice total frôlant les 20 millions d'euros. L'enquête avait montré qu'une part substantielle des transferts, supérieure aux 10 % autorisés par la loi, était reversée à des intermédiaires, souvent des agents de joueurs, pour des prestations minimes voire imaginaires. Certains transferts, notamment celui du défenseur Laurent Blanc, avaient même été surfacturés pour garantir une « prime d'arrivée » ou une compensation de salaire au joueur, non soumise aux impôts ou aux cotisations sociales. A l'audience, plusieurs témoins avaient souligné le déséquilibre entre les clubs français, tenus légalement à l'équilibre financier, et les autres clubs européens bénéficiant de règles plus souples.