L'époque des soirées étudiantes où le verre d'alcool fort était gratuit ou à 2 euros, grâce aux 30 % de réduction négociés avec l'alcoolier partenaire, est révolue. Roselyne Bachelot a présenté hier plusieurs mesures destinées à enrayer l'alcoolisation des jeunes, dans le cadre de son projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires »(HPST). Parmi elles, l'interdiction des soirées open bar, que Thomas, ex-étudiant à Dauphine et à l'Essec, qualifie de « rite initiatique ». En fait, la ministre de la Santé enterre une pratique déjà en voie de disparition. Le déclic s'est produit en 2005, lorsqu'un jeune de Centrale Paris a été retrouvé mort dans sa chambre le lendemain de la soirée d'accueil des nouveaux. L'école a interdit dans la foulée les soirées open bars, et a adopté les normes de l'Organisation mondiale de la santé limitant la consommation d'alcool à quatre verres par soirée, via un tampon indélébile appliqué sur le poignet. « Malgré des réticences au début, on compte beaucoup moins d'excès. Et les filles sont désormaisplus nombreuses dans nos soirées ! », explique Hélène Delpuech, responsable des relations avec les élèves à Centrale.
Par ailleurs, 178 bureaux des élèves se sont engagés l'an dernier à organiser des fêtes « responsables », sans open bar ni happy hour. Et depuis mars, trente établissements de la Conférence des grandes écoles, sur deux cents, ont fait signer à leurs étudiants une charte visant à limiter l'achat à quatre consos, à interdire la vente d'alcool fort pur et à distribuer gratuitement des boissons sans alcool. Le texte prévoit d'exclure l'étudiant qui dérape. Dans les faits, selon nos informations, aucun n'a encore été évincé pour abus d'alcool.