Automne difficile pour Rachida Dati. La garde des Sceaux fait face à une fronde judiciaire (magistrats et surveillants de prison) de forte ampleur. Aujourd'hui, les deux principaux syndicats de magistrats - USM et SM - appellent à des manifestations en France contre la politique du « tout sécuritaire et tout carcéral » de la ministre de la Justice.
Les rapports sont toujours tendus entre Dati et la magistrature. Atteinte à l'indépendance, pressions hiérarchiques, convocations de magistrats, annonces spectacles... la liste des accusations est longue. Lundi, les magistrats ont boycotté sa réunion à Metz ; vendredi, les avocats ont sifflé son discours devant leur convention nationale à Lille. « La garde des Sceaux désigne des prétendus responsables pour servir sa communication personnelle, une stratégie qui déstabilise l'institution judiciaire », ont alerté les syndicats saisissant le Conseil supérieur de la magistrature. Face à la colère, Rachida Dati, qui affirme qu'elle « ne renoncera pas aux réformes », est contrainte de lâcher du mou. Hier, pour empêcher le « blocage » des prisons annoncé pour le 13 novembre, la ministre a promis des embauches supplémentaires. Les syndicats pénitentiaires ont levé leur préavis. Elle a également repoussé à 2009 la comparution obligatoire devant un magistrat de tout mineur sur le point d'être incarcéré. Des gestes qui risquent d'être jugés insuffisants, d'autant que la loi pénitentiaire, attendue de tous, est finalement reportée au premier trimestre 2009.