JUSTICE - L’ingénieur à la retraite qui accuse la FdJ de «tricherie organisée» comparaissait ce mercredi...
L'affaire avait fait grand bruit en 2006. Sortant du silence, après de longues années d'enquête, Robert Riblet, un ingénieur à la retraite, affirmait que les jeux de grattage de la Française des Jeux (FdJ) étaient une «
tricherie organisée».
Robert Riblet (ainsi que «20 Minutes» et le «JDD» qui ont
publié ses propos) comparaissait ce mercredi après-midi pour diffamation devant le tribunal de grande instance de Paris. Comme souvent dans ce genre d'affaires, le plaignant s'est retrouvé à la place de l'accusé, devant répondre des accusations du retraité.
Selon Robert Riblet, le hasard ne fait pas tout dans les jeux de grattage: dans chaque carnet de tickets (de 50 à 150 tickets) il y a un tiers de petits lots qui s'échelonnent de 1 à 10 euros, les deux tiers restant étant perdants.
«On élimine les situations extrêmes»
Et quand sort un «lot significatif», supérieur à 20 euros, il n'y en a qu'un seul. D'après Robert Riblet, cette faille permettrait à certains joueurs, aidés par leur buraliste, d'augmenter leurs chances de gains piochant davantage dans les livrets ayant déjà fourni le précieux ticket.
A la surprise générale, la Française des Jeux a reconnu que le hasard était «encadré»: «On élimine les situations extrêmes: l'absence totale de lots dans un carnet ou tous les lots dans un seul carnet», a déclaré le représentant de l'organisme.
Mieux vaut jouer chez les petits buralistes
Allant plus loin, il a expliqué que «les joueurs étaient sensibles à la fréquence des gains». Ainsi, selon son exemple, il ne faut pas qu'un petit buraliste de province se retrouve sans aucun gain, alors que dans le même temps un grand détaillant parisien multiplie les lots gagnants.
Les petits buralistes ont donc proportionnellement plus de lots gagnants que les grands établissements. «Il y a une volonté de répartition égalitaire sur le territoire», a encore précisé le représentant de la FdJ.
«Quel intérêt» pour la Française des Jeux?
Concernant la diffamation, Me Thierry Herzog, avocat de la Française des Jeux, a estimé que l'on ne pouvait accuser l'entreprise d'organiser une «tricherie»: «Que M. Riblet ait mis le doigt sur un problème, je ne le conteste pas. Mais quel serait l'intérêt de la Française des Jeux dans la tricherie qu'elle organiserait?»
La procureure a retenu la diffamation pour Robert Riblet et a demandé la relaxe pour «20 Minutes» et le «JDD». Le jugement a été mis en délibéré à la fin novembre. Les deux parties devraient se retrouver devant le tribunal de Nanterre. Une instruction a été ouverte pour «escroquerie et abus de confiance» à la suite d'une plainte de Robert Riblet contre la Française des Jeux.
Vincent Glad