TROIS QUESTIONS A - Nicolas Beau, coauteur de «L'Incroyable histoire du compte japonais de Jacques Chirac» (Les Arènes)...
Le ministre de la Défense Hervé Morin
a levé le secret-défense mardi sur seize documents de la DGSE (Renseignements extérieurs) relatifs à l'enquête sur un compte secret qui aurait appartenu à l'ancien président Jacques Chirac au Japon.
Nicolas Beau, coauteur de «L'Incroyable histoire du compte japonais de Jacques Chirac» (Les Arènes) et rédacteur en chef de
Bakchich.info analyse la portée de cette décision.
La déclassification de ces seize documents va-t-elle enfin permettre au juge de Papeete d'avancer sur l'existence de ce compte secret et son éventuel lien avec la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud?
Il n'y a pas grand-chose de nouveau dans ces seize documents par rapport à ceux dont disposait déjà le général Philippe Rondot
lorsqu'il avait été chargé par l'Elysée en 2001 d'enquêter sur l'enquête de la DGSE. Les documents les plus sensibles se sont volatilisés. Sur le plan purement judiciaire, ces documents ne seront donc pas décisifs.
Cette décision n'a donc aucune portée?
Si. Une portée politique. Le fait que le ministre de la Défense prenne la décision de lever le secret-défense et que cette décision soit médiatisée témoigne de la volonté du gouvernement actuel de ne pas contrarier les avancées judiciaires dans cette affaire.
Pourquoi?
Avec
le renvoi de Villepin en correctionnelle dans l'affaire Clearstream d'un côté et
la publication des «carnets secrets» d'Yves Bertrand, ex-patron des RG, de l'autre, il semble que l'on assiste au début d'un affrontement frontal entre le clan chiraquien et le clan sarkozyste.
Recueilli par Catherine Fournier