TELEVISION - Le principe de caméra cachée crée la polémique dans «Les infiltrés». Votre avis...
La nouvelle émission présentée par David Pujadas,
«Les infiltrés», n’avait pas encore commencé qu’elle était déjà entravée. Alors que le programme a été diffusé sur France2 ce mercredi soir (à 22h35), le syndicat de journalistes SNJ de France 2 avait demandé l'après-midi même à la chaîne son arrêt. Selon le syndicat, le principe de l’émission, qui consiste à filmer en caméra cachée pour mieux observer, est condamnable.
Nous vous avons demandé ce que vous en pensiez. Pour Chtimi, ce n'est pas un problème: «Enfin une émission avec un journalisme d'investigation, d'étude de cas. Cela se perd. Bravo à France 2 d'avoir osé. Dans la limite ou les personnes incriminées dans le processus mis en cause ne sont montrées à l'écran, il n'y a dans cette étude qu'une œuvre d'utilité publique!» Toth est d'accord: «Je ne vois pas où est le problème. Les caméras cachées sont déjà utilisées dans la plupart des magazines d'informations ou même dans les JT depuis des années.»
«Le sensationnel, ça démange ce monsieur»
Louise abonde aussi: «Cela garantira non seulement une meilleure émission et surtout il y a des endroits mouroirs où les personnels apprendront à "craindre" les représailles avec à l'appui ces images (hôpitaux, institutions, etc.). Les actes barbares y sont encore nombreux! Bravo Pujadas!» Et pour Vivaldina, c'est «un très bon concept surtout pour faire bouger ou bousculer des certitudes chez des gens trop sûrs d'eux-mêmes».
De son côté, Pepe-51 estime qu'on «sent bien que le sensationnel, ça démange ce monsieur (Pujadas, ndlr). Il devrait travailler à "Voici"!» Et Barondegordon d'ajouter, «la caméra cachée dans un but ludique, oui, mais là c'est un piège condamnable! Que reste-t-il de nos libertés?»
«Il est possible de recueillir des informations par des moyens détournés quand il n'y a aucune possibilité de faire autrement» mais cela doit rester des «exceptions», estime le syndicat SNJ de France 2. «De nombreux contentieux peuvent surgir du fait que les personnes mises en cause, même floutées peuvent être reconnues dans leur entreprise, leur entourage et ainsi se retrouver dans des situations très préjudiciables.»
Divergences de vues
Le blog La plume d’Aliocha remet les pendules à l’heure: «Pour ceux qui auraient loupé la polémique, le fait que le concept de l’émission s’appuie sur la technique de l’infiltration, c’est-à-dire la dissimulation par le journaliste de sa véritable qualité, et que le reportage soit entièrement réalisé en caméra caché a déclenché l’ire d’une partie de la presse.» Et le blogueur de conclure: «Les avis (sont) clairement répartis entre les journalistes, méfiants, et les non-journalistes qui semblaient considérer en majorité que tout allait dépendre de la qualité de l’émission.»
Pour le service juridique de France 2, le procédé est légal. D’autant que le nom des personnes est changé et que n’est donnée aucune information précise sur le lieu dans lequel se déroule l’enquête. Pour Hervé Chabalier, président de l'agence Capa, qui a produit le magazine, l’émission n’est pas faite «par goût du spectaculaire». Il reconnaît que cela «est un choc, mais un choc salutaire».
Et vous, que pensez-vous du principe de caméra cachée? Pensez-vous que cela permette d'accéder à une meilleure information? Continuez à nous le dire en commentaire ci-dessous...
AA et PA avec agence