Christian Prudhomme n’aime pas les histoires écrites à l’avance. Il a sans doute apprécié le dénouement de l’édition 2008 où les traits du vainqueur Carlos Sastre ont commencé à se dessiner dans les derniers jours de la Grande Boucle, sur les lacets de l’Alpe d’Huez.
La carte du parcours 2009 est ici
Mercredi, dans une salle du Palais des Congrès comble, le directeur du Tour a dévoilé le parcours de l’édition 2009, sans cacher ses envies d’incertitudes. Pour ménager le suspense de la Grande Boucle, Prudhomme a mitonné avec ses équipes une dernière semaine infernale avec le Mont Ventoux en juge de Paix à 24 heures de l’arrivée à Paris. Le mont chauve où planent encore les souvenir des âmes perdues du Tour. Tom Simpson, mort d’épuisement et de trop de pilules en 1967 ou celui d’un divin coureur un peu dingue, Marco Pantani et de son mano-à-mano avec Lance Armstrong en 2000. «Personne ne pourra dire qu’il a gagné le Tour avant d’avoir vaincu cette ascension-là», a prédit le directeur du Tour.
Ce cador devra aussi avoir survécu aux étapes précédentes. Car la dernière semaine concentre également les trois étapes alpestres et le contre-la-montre individuel de 40 kilomètres: «Je rêve une nouvelle fois d’un final haletant aux portes de Paris», a déclaré Prudhomme devant les trois derniers vainqueurs du Tour, Contador, Pereiro et Sastre qui avaient compris le message.
Armstrong sur le Tour, c’est du 50-50
Même s’il est lui aussi dédié au suspense, ce Tour est bien différent de celui de 2008 où ASO avait cherché «à déstabiliser le peloton» selon les mots de Jean-François Péscheux. En 2009, du grand classique mais dans un ordre très original... Comme un symbole du changement, la clinquante ville départ de 2009, Monaco, n’est pas l’austère et besogneuse Brest. Le peloton qui ne s'est élancé qu'une seule fois des rives de la Méditerranée (c'était à Nice en 1980) y disputera un premier contre-la-montre de 15 kilomètres et non une étape en ligne. Les étapes de baroudeurs de la première semaine sont remplacées par des étapes plates le long de la Méditerranée où seul le vent pourra piéger les favoris avant le retour du contre-la-montre par équipe autour de Perpignan, une halte à Barcelone (pas visitée depuis 44 ans, les 3 étapes pyrénéennes (Andorre et le Tourmalet au menu), un transfert en avion vers Limoges, des étapes de baroudeurs à travers les Vosges et l’Alsace.
Il faudra en passer par là et survivre à cette première moitié de course et affronter les Alpes, le Col des Saisies, le Grand Saint-Bernard (plus de 2400m, le toit de ce Tour) le Grand Bornand et peut-être assister à la grande explication entre les favoris sur le Mont Ventoux. Certains rêvent déjà (ou redoutent) un duel entre le meilleur cycliste du moment Contador et le revenant Armstrong sur les pentes du géant de Provence. «Armstrong sur le Tour, c’est du 50-50», a déclaré Johan Bruyneel, le directeur sportif d’Astana, mercredi matin. Le suspense a déjà commencé et il n'est pas prêt de se terminer. Le Tour 2008 a bien duré jusqu'en octobre et les dernières révélations de cas de dopage...