PRISON - Convoqués à nouveau par Dati, ils ont obtenu des avancées concrètes de la Chancellerie ce mercredi matin...
Ils sont rassurés. Les trois principaux syndicats pénitentiaires (CGT, FO, Ufap) viennent d'annoncer qu'ils levaient leur appel au blocage des prisons à partir du 13 novembre. Ils ont obtenu «des engagements fermes» en termes de créations d'emplois de la ministre de la Justice. Rachida Dati a donc rattrapé sa désastreuse gestion des revendications syndicales.
Lundi matin, elle avait brillé par son absence lors d'une réunion à la Chancellerie, réunion qu'elle avait souhaitée. Dans la foulée, les syndicats avait décidé d'un blocage des prisons, une mesure très forte, sachant que le surveillants n'ont pas le droit de grève. L'Ufap a même expliqué qu'elle soutenait la grogne des syndicats de la magistrature, dont la journée d'action a lieu jeudi, dans leur vindicte contre Dati.
Etats généraux
Depuis plusieurs semaines, les syndicats pénitentiaires appellent à des états généraux sur la question des prisons. Ce que Rachida Dati ne veut pas. Groupés en intersyndicale, et d’accord sur suffisamment de points pour lancer une plateforme commune, une unité plutôt rare, les syndicats ont été convoqués la semaine dernière par la Garde des sceaux pour une réunion à la Chancellerie, lundi dernier.
Mais ils ont dû constater en arrivant place Vendôme que Rachida Dati n’assisterait pas à la réunion. «Elle nous a téléphoné après la réunion pour nous dire qu’elle avait un programme chargé, des urgences à régler, confiait à 20minutes.fr Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT. Mais il nous semble que
l’état actuel des prisons et le ras-le-bol des personnels sont justement
une urgence.»
«Mépris»
Venus tirer la sonnette d’alarme sur les conditions de travail, le manque de moyens humains et matériels, la surpopulation carcérale et l’incohérence de la politique pénale, les représentants syndicaux, plutôt vexés par l’attitude de la ministre, ont ainsi parlé de «mépris».
Et ils avaient alors mis en doute les mesures proposées par le directeur de cabinet, Guillaume Didier, mandaté par Dat. «Il a proposé des groupes de travail à partir de la mi-novembre, un audit dans tous les établissements pénitentiaires pour évaluer les besoins en personnel, précisait Verzeletti. C’était une de nos demandes. Mais on se demande vraiment si la Chancellerie ne cherche pas juste à gagner du temps. Et si ces groupes seront suivis d’avancées concrètes.» Finalement, Rachida Dati a su les convaincre ce mercredi matin.
«Tension»
Pour les syndicats, la «tension» dans les prisons, symbolisée par les agressions de surveillants et
les suicides de détenus, est trop forte. «
A Strasbourg, vendredi dernier, un détenu s’est pendu avec ses lacets alors qu’il y avait des rondes toutes les deux heures», soupirait Verzeletti. Une instruction prônée mi-septembre par la ministre, mais un antiseptique passager sur une
plaie profonde pour les surveillants.
Joël Robine AFP/Archives ¦ La prison de Bois-d'Arcy (région parisienne)
M.Gr.