Bonifacio craint la banqueroute

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Publié le 21 octobre 2008.

CORSE - Une série de plaintes pour des permis de construire annulés pourrait mettre la ville sur la paille...

Bonifacio a peur. La commune de Corse-du-Sud craint de se retrouver en faillite à cause des dédommagements qu'elle pourrait se voir contrainte de verser suite à un imbroglio immobilier. Plusieurs propriétaires réclament en effet réparation suite à l'annulation de leurs permis de construire. Ils avaient été validés par la municipalité pour des zones pourtant non-constructibles.

Une demande de dommages et intérêts de 15 millions d'euros a déjà été déposée devant le tribunal administratif par une Société civile immobilière (SCI) de Piantarella. Elle avait vu tous ses permis de construire un ensemble d'immeubles annulés en 2003. Les travaux ont déjà commencé, et les bâtiments risquent d'être détruits.

Le publicitaire Jacques Séguéla a également fait savoir qu'il allait «évidemment se retourner contre le maire et contre le propriétaire du terrain qui (lui) a vendu un terrain constructible qui ne l'est pas.» Son permis de construire une vaste villa en bord de mer a été récemment annulé par le tribunal administratif de Bastia.

Des dossiers «bien pourris»

Jean-Charles Orsucci, maire PS de cette commune de 2.800 habitants juge «hallucinant» qu'on le considère comme fautif alors que le permis, jugé par la suite illégal, a été accordé par l'ancienne municipalité, battue aux dernières élections.

«J'espère que nous ne serons pas condamnés, je ne me vois pas réclamer un doublement ou un triplement des impôts locaux aux Bonifaciens, mais si c'était le cas, nous nous battrons», affirme-t-il. Il souligne par ailleurs que son prédécesseur, Jean-Baptiste Lantieri (UMP), lui a légué «une situation explosive», avec des dossiers «bien pourris».

Le maire «s'alarme pour rien»

L'Association bonifacienne Comprendre et défendre l'environnement (ABCDE), à l'origine de l'annulation de près de 40 permis de construire, estime que le maire «s'alarme inutilement». Pour sa présidente, Vincente Cucchi, «la justice ne va pas donner des millions sur un plateau à une SCI qui savait pertinemment qu'elle construisait dans une zone protégée ou à Jacques Séguéla qui n'ignorait pas que sa parcelle avait été une première fois déclarée inconstructible».

Elle ajoute que «si la justice venait à reconnaître la responsabilité de la municipalité, elle devrait aussi mettre en cause celle des tribunaux qui, dans un premier temps, ont validé les permis, ainsi que celle de l'Etat qui n'a pas contrôlé leur légalité.»
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