Les gestes désespérés se multiplient dans les prisons alsaciennes. Samedi soir, un jeune détenu de la maison d'arrêt de Mulhouse a tenté de mettre fin à ses jours en ingérant des médicaments. Agé de 25 ans, il a du être hospitalisé. Toutefois, son état de santé n'inspire pas d'inquiétude, selon les pompiers.
Deux hommes et une femme avaient également essayé de se suicider dans le même établissement lundi dernier, en ayant recours à la pendaison. Ainsi à Ensisheim, un prisonnier âgé de 45 ans s'est tué vendredi dans une cellule disciplinaire. Il y avait été placé après avoir insulté le personnel et avoir refusé de regagner sa cellule habituelle, a précisé Carlo Di Egidio, délégué régional de l'Union générale des syndicats pénitentiaires (UGSP-CGT). Le détenu, qui s'est pendu, purgeait une peine de trente ans de réclusion pour meurtre, dont vingt ans de sûreté. « Il n'était pas connu pour avoir des tendances suicidaires », selon le parquet de Colmar. D'autres prisons de l'Est de la France connaissent également une vague de suicides. Au cours de ces dix derniers jours, deux adolescents de 16 ans ont mis fin à leurs jours dans les maisons de Metz-Queuleu et de Strasbourg-Elsau. Enfin, un homme qui « aurait dû être hospitalisé d'office » en raison de ses tendances suicidaires, d'après le syndicat CGT-pénitentiaire, s'est suicidé, là encore à Strasbourg-Elsau. Depuis le début de l'année, 90 détenus se sont donnés la mort dans les prisons françaises, un chiffre en hausse de 18 % par rapport à octobre 2007.