L'aéroport international de Strasbourg traverse une zone de turbulences depuis l'arrivée du TGV-Est en juin 2007. Alors que plus de deux millions de passagers le fréquentaient en 2006, ils ne sont plus que 1,3 million cette année, d'après une estimation.
Une chute libre due à la concurrence du rail, mais aussi à celle des aéroports voisins. « Ils sont onze dans un rayon de 230 km et proposent des taxes aéroportuaires beaucoup plus intéressantes que Strasbourg » a expliqué vendredi, au cours d'un point presse, Jean-Louis Hoerlé, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Bas-Rhin (CCI), gestionnaire du site.
Pour chaque passager, les compagnies aériennes payent 12 euros à Bâle (Suisse), pas plus de 10 euros à Baden-Baden (Allemagne) contre 24 euros à Entzheim. Afin d'encourager de nouvelles compagnies à s'implanter, le directeur de l'aérogare nommé cet été, François Bru, propose de baisser cette taxe pendant leurs trois premières années d'installation. Avec un tarif compris entre 8 euros et 12 euros euros par voyageur, l'aéroport serait plus apte à concurrencer les autres plates-formes du bassin rhénan, estime-t-on à la CCI. François Bru envisage aussi de demander aux collectivités locales de financer une partie des taxes. Enfin, pour redynamiser le site, il compte développer l'aviation d'affaire et mise sur un projet d'aéropôle. Ce vaste complexe immobilier et centre d'affaires, regroupant des bureaux, des salles de réunion et un hôtel, pourrait sortir de terre d'ici à 2011. A court terme, François Bru mise aussi sur la ligne TER, qui reliera en douze minutes la gare de Strasbourg à l'aéroport dès le 14 décembre.