Les syndicats de surveillants pénitentiaires appelent à un blocage des prisons

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Publié le 20 octobre 2008.

PRISONS - Pas convaincus par les «groupes de travail» proposés ce lundi matin par la Chancellerie, ils veulent se faire entendre. Tout en sachant qu'ils ne peuvent pas faire grève...

Ils sont passablement agacés et ont lancé un «blocage des prisons à partir du 13 novembre». La relation entre les trois syndicats de surveillants pénitentiaires (CGT, FO et Ufap) et la Chancellerie s’est détériorée ces derniers mois, et Rachida Dati n’a rien fait ce lundi pour la rafistoler.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats appellent à des états généraux sur la question des prisons. Ce que Rachida Dati ne veut pas. Groupés en intersyndicale, et d’accord sur suffisamment de points pour lancer une plateforme commune, une unité plutôt rare, les syndicats ont été convoqués la semaine dernière par la Garde des sceaux pour une réunion à la Chancellerie, ce lundi matin.

Mais ils ont dû constater en arrivant place Vendôme que Rachida Dati n’assisterait pas à la réunion. «Elle nous a téléphoné après la réunion pour nous dire qu’elle avait un programme chargé, des urgences à régler, confie à 20minutes.fr Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT. Mais il nous semble que l’état actuel des prisons et le ras-le-bol des personnels sont justement une urgence

«Mépris»

Venus tirer la sonnette d’alarme sur les conditions de travail, le manque de moyens humains et matériels, la surpopulation carcérale et l’incohérence de la politique pénale, les représentants syndicaux, plutôt vexés par l’attitude de la ministre, ont ainsi parlé de «mépris».

Du coup, les mesures proposées par le directeur de cabinet, Guillaume Didier, mandaté par Dati, ne passent pas bien. «Il a proposé des groupes de travail à partir de la mi-novembre, un audit dans tous les établissements pénitentiaires pour évaluer les besoins en personnel, précise Verzeletti. C’était une de nos demandes. Mais on se demande vraiment si la Chancellerie ne cherche pas juste à gagner du temps. Et si ces groupes seront suivis d’avancées concrètes.»

«Manque de personnel»

Le ministère met en avant la création en 2009 de 1.087 emplois (contre 1.100 en 2008) dans l'administration pénitentiaire ainsi que les dispositions prévues dans la future loi pénitentiaire qui viseront à améliorer la prise en charge des détenus. Et souligne que le budget n’a jamais été aussi élevé. «Mais ce budget n’est pas suffisant, et les postes créés le sont dans les nouvelles prisons, on ne renforce par les lieux où on manque de personnel», avance Verzeletti, tout en regrettant le manque «d’engagements chiffrés».

L’intersyndicale s’est réunie ce lundi après-midi pour définir les modalités de sa protestation. Sachant que les surveillants ne peuvent faire grève. «Tant pis, on prendra sur nos jours de congés pour se réunir devant nos établissements», dit Verzeletti, qui souligne que ce mouvement national est une première «depuis 2002». Pour elle, la «tension» dans les prisons, symbolisée par les agressions de surveillants et les suicides de détenus, est trop forte. «A Strasbourg, vendredi dernier, un détenu s’est pendu avec ses lacets alors qu’il y avait des rondes toutes les deux heures», soupire Verzeletti. Une instruction prônée par la ministre, mais un antiseptique passager sur une plaie profonde pour les syndicats.
M.Gr.
Au 1er janvier 2008, on compte 23.625 surveillants de prison pour plus de 63.000 détenus. Un surveillant de base gagne 1.400 euros net, hors primes.
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