BANQUE - Les clients ne sont pas convaincus non plus par la démission des dirigeants...
«De l’impuissance». C’est que ressent Sylvie, 30 ans, cliente de la Caisse d’Epargne, après l’annonce d’une perte de 600 millions d’euros par des traders de sa banque. «Nous, les pauvres petits épargnants, on ne peut rien y faire. Donc, ce n’est pas la peine de s’affoler», explique-t-elle. Comme d’autres clients de la Caisse d’Epargne, interrogés ce lundi devant l’agence de la place du Havre à Paris, elle ne compte pas retirer les économies de son Livret A.
Si tous sont informés de la perte et de la démission des dirigeants de la banque, peu se sentent vraiment menacés. «A la Société Générale, ça n’a rien changé, explique-t-elle. Donc je ne vois pas pourquoi ça changerait quelque chose.» D’ailleurs «toutes les banques sont en difficulté», note Fanny, 22 ans. Désenchantée, elle conclut que «un peu plus ou un peu moins de perte, ne changera pas grand-chose à l’affaire».
«Dans six mois, ils retrouveront un poste»
Les démissions de Charles Milhaud et Nicolas Merindol, ex-dirigeant de la banque, ont aussi peu d’impact. «Dans six mois, ils se seront fait oublier et ils retrouveront un poste aussi bien payé», annonce Sylvie qui a vu juste. Sans attendre, Nicolas Merindol devrait en effet prendre la direction du Crédit foncier, dont il est déjà président du conseil d’administration.
Plutôt que de démissionner, Romain, 18 ans, aurait préféré que les dirigeants de la Caisse d’Epargne distribuent «leur bonus à leurs employés». D’autres voit plutôt dans le départ des deux hommes une forme «d’hypocrisie» : «Ce n’est pas très courageux de leur part», s’indigne Kevin, 18 ans. Il aurait préféré qu’ils assument leurs erreurs face aux clients.
A.L.