DSK : scandale sexuel ou French lover?
Créé le 20.10.08 à 14h36
Mis à jour le 20.10.08 à 15h36
|
FMI - Là où l'Europe voit une affaire privée, les Etats-Unis soulignent un scandale sexuel…
Alors que la presse française semble davantage s'intéresser aux raisons de l'enquête menée sur un éventuel abus de pouvoir du directeur du FMI, oubliant presque qu'il n'est pas forcément très bien vu d'avoir une liaison lorsque l'on est marié, la presse américaine
parle déjà de «scandale sexuel.»
En Europe c'est une affaire privée…
L'affaire Strauss Kahn ne semble pas traitée de la même manière par la presse que l'on se trouve d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique. Du côté européen, les journaux britanniques, espagnols ou allemands ont abordé l'événement de manière assez factuelle.
Le «
Corriere della Sera», plus gros tirage de la presse italienne, écrit sous le titre «La France absout Strauss-Kahn, à ses côtés, la femme trahie», que l'ancien ministre socialiste français de l'économie a immédiatement trouvé des défenseurs dans sa patrie, dans le monde politique, au-delà des divisions partisanes, et même au sein de sa famille.»
En Autriche, le quotidien «Standard», estime que «Dominique Strauss-Khan était prévenu (...) que les moeurs à New York (
ndlr: le siège du FMI est à Washington), dans des instances comme le FMI étaient plus strictes qu'à Paris, la ville de l'amour (libre)».
Point de vue partagé par Hubert Coudurier directeur de l'information du Télégramme, qui confie dans son blog, «ce n'est pas en France, nation latine par excellence, que l'on condamnera cette aventure extraconjugale, n'en déplaise à ses rivaux, qui en feraient volontiers une exploitation médiatique pour le disqualifier à la présidentielle de 2012.»
Les Etats-Unis ne sont pas la France
Denis Daumin, de «La Nouvelle République du Centre-Ouest» souligne, de son côté, qu'«on ne badine pas avec l'amour au pays des quakers, du moins avec l'idée qu'il est recommandé de s'en faire. (…) On objectera que cette histoire est décidément bien américaine et que de ce côté-ci de l'Océan, résignés depuis tant de siècles aux turpitudes des puissants, nous autres Européens aurions fermé les yeux avec sagesse.» Pour le socialiste Benoît Hamon, il s'agit également «d'une affaire de vie privée, les Etats-Unis ne sont pas la France.» a-t-il précisé.
Mais aux Etats-Unis, la faute commise par DSK fait remonter le souvenir d'autres affaires du même type qui firent scandale. L'affaire Monica Lewinski, par exemple, qui avait mis Bill Clinton dans l'embarras mais aussi la mise en cause de Paul Wolfowitz, ancien directeur de la Banque Mondiale, qui fut impliqué dans une affaire de favoritisme concernant Shaha Riza, une collaboratrice avec laquelle il entretenait une liaison, ont profondemment choqué l'Amérique.
Dans l'Hexagone, l'attitude est tout autre. La France semble moins gênée par l'adultère que par l'aspect politico-financier de cette affaire.
Une question de moeurs ou peut-être tout simplement d'habitude…
Vos réactions