A l'origine, Wimbledon et Flushing Meadows, les Housse de Racket s'en moquaient pas mal. « On voulait surtout racketter la house », expliquent Victor et Pierre, batteur et guitariste, pour justifier le nom du groupe. Avec Forty Love, leur premier album, le duo de malfrats, tout de même connus pour leurs concerts déguisés en tennismen, dévoile le résultat de onze larcins électro-pop virevoltants, dans un coffre-fort produit par Renaud Létang.
Musiciens accomplis - on les a vus sur scène avec Phoenix, Brigitte Fontaine ou les Tennagers -, les deux Housse tentent le casse du siècle avec un concept-album chanté en français. « Comme Bowie avec Ziggy Stardust, Gainsbourg avec L'Homme à la tête de chou ou Daft Punk avec Discovery, on aime le côté narratif de ce type de disque. Forty Love, c'est la BO d'un film qui n'existe pas. »
Il fallait donc raconter une histoire, celle de deux joueurs de tennis « winners côté court mais losers côté coeur ». Pour connaître davantage de succès avec les filles, les champions se mettent au rock et au synthétiseur. Les textes, parfois potaches, souvent drôles, sont au service de mélodies « eighties », à l'image du réjouissant Oh Yeah ! Alternant riffs percutants et nappes de synthé vintage, les Housse de Racket nous invitent à les prendre en filature en jonglant avec leurs armes pop, funk, électro, rock. Un premier coup réussi.