JUSTICE - Balladur, Jospin, Pasqua, Tassez… Un déluge de critiques s'abat sur Yves Bertrand après la plainte de Nicolas Sarkozy contre l'ex boss des RG, qui pourrait ainsi être suivie de plusieurs autres actions en justice...
«Dans cette affaire, je suis la victime», a déclaré Yves Bertrand, l'ancien patron des RG contre qui s'abat un déluge de critiques. Nicolas Sarkozy a ouvert la voie. La
plainte déposée jeudi par le chef de l’Etat contre Bertrand à la suite de la publication dans la presse d'extraits de ses «carnets secrets», notamment pour «dénonciation calomnieuse», pourrait être suivie de celles de plusieurs autres personnalités.
A force de coucher dans ses carnets privés rumeurs et informations sensibles sur le Tout-Paris, Yves Bertrand a réussi à s’attirer les foudres du… Tout-Paris. «On m'a volé mes carnets», a fait valoir Bertrand samedi, «ils étaient sous la garde de la justice et ils se retrouvent étalés sur la place publique». Il y a trois mois, a-t-il encore affirmé, «j'avais demandé par voie judiciaire la restitution de mes carnets, ce qui m'a été refusé par ordonnance».
Selon Yves Bertrand, la plainte de Nicolas Sarkozy «ne tient pas debout». En attendant sa stratégie de défense avec un avocat, prévue la semaine prochaine, d'autres actions contre l'ex-boss des renseignements généraux continuent de pleuvoir.
Montebourg: des «manipulations de basse police»
Celle d'Arnaud Montebourg (PS) qui a annoncé samedi qu'il aller porter plainte aussi, et a dénoncé des «manipulations de basse police».
Selon le socialiste, les carnets «
montrent que le pouvoir de l'époque paraît avoir eu recours à des manipulations de basse police comme instruments de discrédit et de mise en cause de responsables politiques, opposants du pouvoir chiraquien, dans le but d'attenter à leur honneur». Montebourg avait été l'animateur en 2001 d'une campagne visant à amener le Parlement à se prononcer sur le renvoi devant la Haute Cour de Justice du président Chirac. Cette campagne prenait appui sur les procédures judiciaires concernant la gestion de Paris, dont le chef de l'Etat fut maire de 1977 à 1995.
Charles Pasqua, actuellement en plein procès de l’Angolagate, en est aussi. Il va se joindre à la plainte de Sarkozy «contre Yves Bertrand et tous autres» si l'enquête préliminaire est ouverte, pour «atteinte à la vie privée et dénonciation calomnieuse». Il peut aussi
«
déposer plainte en son nom, dans le courant de la semaine prochaine»
, a précisé son avocat.
Charles Pasqua fait actuellement partie des prévenus de l’Angolagate, et il a vu un autre camarade du banc des accusés se joindre à lui, l'homme d'affaires et de médias
Jean-Noël Tassez, ancien patron de RMC. «Nous visons les propos prêtés à Bertrand selon lesquels Mr Tassez a versé de l'argent à M. Sarkozy», a expliqué Me Barratelli, l’avocat de Tassez.
Jospin: «Ce haut fonctionnaire indélicat et nuisible»
Lionel Jospin,
particulièrement visé, lui, son père, sa femme ou sa sœur dans les carnets, est également sorti de ses gonds. «Il apparaît clairement que ce haut fonctionnaire indélicat et nuisible a été maintenu en fonction et protégé par le président Jacques Chirac pendant douze ans», a déclaré l’ancien Premier ministre à LCI.
Quant à savoir si on doit à Bertrand la divulgation de son passé trotskiste, Lionel Jospin a répondu: «Je pense qu'il y a eu volonté de malveillance à mon égard».
Autre ancien Premier ministre fâché,
Edouard Balladur a justifié la plainte déposée par Nicolas Sarkozy. «Il faut tout faire pour mettre un point d'arrêt à un certain nombre de pratiques détestables et je dirais même méprisables», a dit Balladur à Canal +. «Tout n'est pas permis sous prétexte qu'on est dans la vie publique ou dans la vie politique. Ce n'est pas parce qu'il est président de la République en exercice qu'il n'a pas le droit de se défendre.»
Bertrand: Sarkozy «porte plainte contre des brouillons»
Face au déluge,
Yves Bertrand s’accroche comme il peut. «Ca ne tient pas debout», réplique-t-il. Pour lui le chef de l'Etat «porte plainte contre des brouillons, des brouillons qui en plus étaient sous scellés, et qui ont été piqués». Mais quels brouillons!
Vous pouvez retrouver ici les principales attaques dans le carnet contre Sarkozy.
Gêné, et pas seulement aux entournures,
Dominique de Villepin a
justifié en retour ses très nombreux entretiens avec Bertrand (au moins 33 entre janvier 2001 et octobre 2002). L'Elysée devait être «régulièrement» informé des «grandes questions», telles que la menace terroriste.
Avec agence