HOMMAGE - Alors que s'ouvre mardi une exposition consacrée à l'artiste, à la Cité de la Musique, 20minutes.fr vous propose de vous replonger dans son univers musical...
Dix-sept ans après sa mort, la Cité de la Musique rend hommage à Serge Gainsbourg en lui consacrant une exposition, du 21 octobre 2008 au 1er mars 2009. L’occasion de se replonger dans son univers musical en dix vidéos.
29 mars 1958: «Le Poinçonneur des Lilas»
La télévision est encore l’ORTF. Michèle Arnaud présente un jeune auteur compositeur d’à peine trente ans dont c’est la première apparition télévisée.
29 janvier 1960: l’interview par Georges de Caunes
Deux ans après ses débuts, Gainsbourg signe sa deuxième bande originale de film pour «Les loups dans la bergerie», après «L’eau à la bouche», sorti un mois avant. Lors de l’interview, le chanteur apparaît timide et un peu gauche, confiant se libérer dans la chanson.
Le cinéma tiendra toujours une place importante dans sa carrière: Gainsbourg fera chanter de nombreuses actrices et en dirigera certaines, comme Catherine Deneuve en 1981 dans la vidéo ci-après, dans les clips et les films qu’il réalisera. Il participe également à de nombreux films au succès mitigé.
En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation avec le sulfureux «Je t'aime moi non plus». Son scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme crée la polémique. Il réalisera trois autres films, «Équateur» en 1983, «Charlotte for Ever» en 1986 et enfin «Stan the Flasher» en 1990. Ses films ont peu de succès, les sujets abordés étant toujours provocateurs, que ce soit l'homosexualité, l'inceste, la pédophilie ou l'exhibitionnisme.
14 mars 1964: «Chez les Yéyés»
Le clip qui a inspire Julien Doré pour «Les limites».
Serge Gainsbourg perce à l’époque des
yéyés mais ne se reconnaît pas dans ce courant qui porte en triomphe Claude François ou Johnny Hallyday. Bien qu’artiste reconnu, notamment pour les chansons qu’il offre à Juliette Greco («La javanaise»), Petula Clark («La gadoue») ou Françoise Hardy («Comment te dire adieu»), le public le rejette. Il passe en première partie de Jacques Brel ou Gréco mais les critiques se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent. Il signera pourtant à cette période plusieurs titres yéyés chics pour France Gall, réussissant ainsi à séduire un public jeune. Des chansons encore fredonnées ou reprises (notamment «Laisse tomber les filles» par
Mareva Galanter) aujourd’hui.
28 mars 1965: «Poupée de cire poupée de son»
LA chanson que la télévision française dépoussière à chaque Eurovision. Gainsbourg, qui a pris du galon, apparaît à l’écran avec une cigarette qu’il ne quittera plus.
13 janvier 1967: «Un poison violent, c'est ça l'amour»
Extrait de la comédie musicale «Anna», Gainsbourg et Jean Claude Brialy se répondent sur la chanson écrite par Serge. Le phrasé a changé, moins sensible, il laisse la place à plus de liberté.
16 avril 1967: La chanson anglo-saxonne
Interviewé par Denise Glaser, Gainsbourg évoque le succès de la période anglo-saxonne dans la chanson qui a vu émerger des jeunes artistes comme France Gall et Françoise Hardy. «Ça a mis sur le marché des fillettes, qui ont l’avantage d’être fraîches et roses et studieuses… C’est merveilleux, non», explique-t-il l’air gourmand. Et d’enterrer en s’esclaffant les chanteuses des années 1940-45, «toutes ces vieilles peaux qui se fourvoyaient dans la chanson». Gainsbourg commence à s’amuser de la provoc devant une Denise Glaser qui ne sait plus trop quoi dire. C’est aussi à cette période que l’homme à la tête de choux, hué quelques années plus tôt, s’affiche en séducteur au bras de Brigitte Bardot, fin 1967, puis Jane Birkin l’année suivante. Le laid devient beau.
3 novembre 1973: en studio pour son album «Vu de l’extérieur»
Reportage au JT de 13h de l’ORTF sur le nouvel album de Serge Gainsbourg, «dix chansons agressives contre la femme mais avec le ton d’un homme qui, frappé d’une crise cardiaque il y a quelques mois, prend du recul, va à l’essentiel et fait de sa misogynie plus une attitude de créateur qu’un véritable règlement de compte», note le journaliste de l’époque.
10 avril 1979: «Aux armes et caetera»
L’un des nombreux scandales à avoir jalonné la vie du chanteur, devenu Gainsbarre. Le chanteur revisite «La Marseillaise» à la sauce reggae. Mais on ne touche pas à un symbole de la patrie (l’adage est encore vrai aujourd’hui): le 1er juin 1979, le journaliste Michel Droit qui écrit un article assassin dans «Le Figaro Magazine». Gainsbourg lui répondra par voie de presse dans un article intitulé «On n'a pas le con d'être aussi Droit». La salle de concert à Strasbourg où il doit se produire est saccagée, ce qui ne l’empêche pas d'entamer une tournée triomphale avec les choristes de Bob Marley: les I Threes.
30 juin 1983: Screaming Jay Hawkins
Gainsbourg confie son admiration pour ce chanteur de génie. Inspiré par les autres, il influencera en retour de nombreux artistes français et internationaux. En mars 2006 sort l’album «Monsieur Gainsbourg Revisited» qui regroupe 14 adaptations interprétées par Franz Ferdinand, Portishead, Placebo, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist, Tricky...
14 octobre 1989: sur le divan de Chapier
L’une des dernière confessions de Serge Gainsbourg. Né Lucien Ginsburg le 2 avril 1928, à Paris, il meurt à 62 ans, le 2 mars 1991 et est inhumé au cimetière du Montparnasse.
Sandrine Cochard