L'enjeu est de taille: comment développer la téléphonie mobile tout en garantissant la santé des riverains? Aujourd'hui, Eric Besson reçoit des représentants des ministères de la Santé, de l'Aménagement du territoire, de l'Economie, de l'Association des maires de France et des trois opérateurs mobiles pour trouver un compromis. «Des décisions pourraient être prises dès la semaine prochaine», auraient promis les conseillers du secrétaire d'Etat chargé de l'Evaluation des services publics déjà reçues mercredi, selon elles.
«Nous ne demandons pas que les antennes soient démantelées, soyons réalistes, mais que les plus puissantes soient éloignées des habitations, comme à l'étranger», (>>Lire le témoignage: «ma maison est devenue toxique») explique Agir pour l'environnement. «Un périmètre de sécurité de 100 m serait idéal par principe de précaution», précise Janine Le Calvez, de l'association Priartem. Le dossier est brûlant. Début octobre, le TGI de Nanterre a condamné Bouygues à retirer une antenne à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) pour «risque potentiel sur la santé». Une dizaine de procédures engagées par des particuliers sont en cours.
Contacté hier, Bouygues semble prêt à avancer, et déterminé à «trouver une issue», malgré des coûts élevés de redéploiement. «Actuellement, nous sommes coincés entre ces décisions de justice défavorables et l'obligation prévue dans la licence de couvrir 98% de la population.»
Environ 47.000 stations de base d'antennes ont été installées depuis les années 2000 pour permettre aux téléphones portables de capter, sur les toits, dans les jardins, en centre-ville comme à Saint-Affrique (Aveyron), ou près de maisons de retraite, comme à Saint-Pierre d'Irube (Pays basque) où six résidents sont équipés de stimulateurs cardiaques. Et des milliers d'autres surgissent, pour développer la 3G notamment. Selon les associations, «des voix de scientifiques de plus en plus nombreuses soulignent que la téléphonie mobile risque de devenir un problème de santé publique grave ». D'où l'urgence de trouver un consensus.