PRISON - Pour la Cour européenne des droits de l'Homme, les autorités n'ont pas protégé son «droit à la vie»...
La Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg a condamné la France, ce jeudi, pour ne pas avoir «protégé le droit à la vie» d'un détenu psychotique qui s'était pendu dans sa cellule.
Les faits remontent à juillet 2000. Joselito Renolde, membre d'une famille de gens du voyage, s'était donné la mort alors qu'il se trouvait en cellule d'isolement, à la prison de
Bois-d'Arcy. Il faisait l'objet d'une mesure disciplinaire pour avoir agressé une surveillante. Trois jours plus tôt, il avait déjà tenté de se suicider en se tailladant les bras.
Un détenu à risques
La Cour Européenne reproche aux autorités «que malgré la tentative de suicide de Joselito Renolde et le diagnostic porté sur son état mental, l'opportunité de son hospitalisation dans un établissement psychiatrique n'ait même pas été envisagée».
L'administration pénitentiaire savait que le détenu souffrait de troubles psychotiques susceptibles de le pousser à l'auto-mutilation. La Cour estime également que l'absence de surveillance de la prise quotidienne de son traitement a aussi joué un rôle dans son décès.
La France est aussi condamnée pour traitements inhumains pour avoir placé en isolement et privé de toute visite cet homme qui a éprouvé angoisse et détresse «au point d'ébranler sa résistance physique et morale».
Avec agence
Cette décision intervient après
plusieurs cas de suicides de détenus. L'Observatoire international des prisons (OIP) note par ailleurs une
brutale augmentation (27%) des suicides dans les prisons françaises au premier semestre 2008 par rapport à la même période en 2007.