Soeurs retrouvées à Reims: la thèse de la fausse fugue privilégiée

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Publié le 17 octobre 2008.

ENQUETE - Leur père, un oncle et deux proches ont été placé en garde à vue...

Après s'être volatilisées pendant dix jours, elles sont réapparues comme si de rien n'était. Les deux sœurs dont les parents franco-italiens se disputent la garde se sont présentées à leur collège de Reims, Maryse-Bastié, ce jeudi matin.

Sophie, 11 ans, et Valérie, 13 ans, «sont arrivées avec leur sac d'école à 8h10. C'était vraiment deux enfants arrivant à l'école en retard» de 10 minutes, a raconté Dany Alary, le proviseur du collège.

Où ont-elles pu se réfugier?

Les adolescentes, «
en parfaite santé, très propres, dans une tenue impeccable» selon directeur de la police judiciaire de Reims, ont vite été conduites au commissariat pour être entendues par les enquêteurs. Objectif: déterminer où elles ont pu se réfugier pendant leur disparition, précise la procureure Madeleine Simoncello, qui a ouvert le 8 octobre une information judiciaire contre X pour «soustraction de mineurs».

En début d'après-midi, leur père âgé, Renaldo Gualtieri,
leur oncle ont été placés en garde à vue pour leur «rôle supposé dans l'organisation de la cavale des fillettes». Deux proches de la famille, «susceptibles d'avoir hébergé» ces dernières, ont également été placés en garde à vue.

Vingt maisons perquisitionnées

Tôt jeudi matin, peu avant la réapparition des soeurs, vingt maisons de la famille du père et de proches avaient été «visitées» par les policiers, dont l'une «qui a servi à l'hébergement des fillettes»,  expliqué Gilles Rejaud, directeur de la police judiciaire de Reims. «Elles n'y étaient pas et nous pensons que notre intervention a fait en sorte que le dernier hébergeur, sur les indications du père, s'est empressé de les guider vers l'école où elles ont été retrouvées», a-t-il ajouté.

Le Franco-Italien âgé de 36 ans s'est pourtant dit «soulagé» du retour de ses filles après avoir «eu une grosse peur de ce qu'elles allaient faire». Selon lui, les filles étaient parties sans leur téléphone portable, avaient caché leurs affaires de classe sous leur lit, mis des vêtements dans leur sac d'école et pris quelques économies.

«Mourir plutôt que retourner en Italie»

Elles avaient aussi laissé une lettre en italien adressée à leur père, dans laquelle elles disaient «ne pas avoir confiance en la loi française» et affirmaient préférer «mourir que retourner en Italie», chez leur mère.

Nées en Italie, les sœurs ont quitté ce pays pour Reims avec leur père à l'été 2007. Leur mère, âgée de 37 ans, résidant en Calabre à Lamezia Terme, et qui avait la garde des enfants, a alors saisi la justice pour les récupérer. «Elle a éclaté en sanglots en apprenant que ses filles avaient été retrouvées», a déclaré à 20minutes.fr son avocate. Katia Navigante, qui était repartie en Italie ce week-end, est actuellement en route pour la France.

Les parents s'accusent mutuellement

En juillet dernier, un juge de Reims avait ordonné une expertise psychologique des enfants - le père accusant la mère de maltraitance, et celle-ci l'accusant de manipuler ses filles -, mais le parquet avait fait appel. Le 2 octobre, la cour d'appel de Reims a ordonné le retour des adolescentes en Italie auprès de leur mère.

Cette dernière, venue quelques jours à Reims la semaine dernière, a déposé plainte pour enlèvement contre son mari, lequel a introduit un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel. Le couple a une troisième fille, âgée de 16 ans, qui vit avec sa mère en Italie.
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