Une peine de vingt ans de prison a été requise hier matin par le ministère public à l'encontre de Jean-Louis Muller. Le médecin légiste comparaît libre depuis dix jours aux assises du Bas-Rhin, qui doivent rendre leur verdict aujourd'hui. Accusé du meurtre de son épouse, Brigitte, il a invariablement clamé son innocence, en affirmant que cette dernière s'est suicidée, le 8 novembre 1999, avec un revolver 357 Magnum. Mais pour l'avocat général, Caroline Nisand, la thèse du geste désespéré ne tient pas. « Après avoir lu de fond en comble le dossier et après avoir entendu tout le monde durant le procès [...], j'ai la conviction que la mort violente de Brigitte Muller ne peut résulter d'un suicide, mais est imputable à une action homicide de Jean-Louis Muller », a-t-elle déclaré à la cour lors de son réquisitoire. Les avocats de l'accusé se sont ensuite employés à démontrer le contraire. Dénonçant « cette théorie un peu insolente de l'accusation, selon laquelle le suicide doit être écarté », Me Thierry Moser a soutenu que l'état dépressif de Brigitte Muller au moment du drame étaye la thèse d'un geste désespéré de sa part. Et ce, bien que son état semblait s'améliorer, selon des témoignages de ses proches. « Le suicide est quelque chose de mystérieux, qui échappe à toute rationalité », a t-il insisté, en s'adressant à la cour. Concluant les plaidoiries de la défense, Me François Saint-Pierre a plaidé l'acquittement de Jean-Louis Muller. Pour lui, « les traces matérielles évidentes de sa culpabilité n'existent pas. »