FOOTBALL - Roselyne Bachelot veut empêcher la tenue d'un match si la Marseillaise est sifflée. Les conséquences sont nombreuses...
Après le temps de l’indignation, les politiques sont vite passés à l’étape des propositions. Que faire en cas de sifflets couvrant la Marseillaise, comme lors de France -Tunisie (3-1), mardi soir? Pour Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé et du Sport, un tel incident doit conduire à l’arrêt immédiat de la rencontre. Pourquoi pas, mais avec quelles conséquences?
Le match sera-t-il reporté? A l’issue de la réunion de mercredi, avec Jean-Pierre Escalettes,
la ministre des Sports a évoqué un «arrêt immédiat» de la rencontre. Selon elle, les «ministres présents dans le stade seront priés de quitter les lieux et les rencontres avec le pays incriminé suspendues». Un tel scénario paraît envisageable lors d’un match amical, comme la précisé la ministre au micro d'RTL mercredi soir. «Ce qui relmève des compétitions officielles se déroule dans un autre cadre, avec un organisation qui est globale», a-t-elle ajouté. La gestion des effets collatéraux d’un report (évacuation et remboursement du public, programmation etc.) étant aussi à examiner.
Quelle doit être l’intensité des sifflets? Après le taux d’alcoolémie sur les routes, va-t-on voir apparaître un taux de nuisance sonore tolérable dans les stades? Pour sanctionner les fautifs, le «sifflomètre» n’existe pas encore. Autre interrogation: combien faut-il recenser de siffleurs pour imposer l’arrêt d’une rencontre? Il faudra bien s’accorder.
Qui décidera d’arrêter le match? Jusqu’à présent, un arbitre pouvait décider du report d’un match pour cause d’intempérie ou d'effectif incomplet. Mais pas encore pour «sifflets couvrant un hymne national». «C’est absolument impossible,
déduit Alain Sars, ex-arbitre international joint par 20minutes.fr. Ce serait forcément du ressort du responsable de la sécurité du stade ou du préfet de police. Mais pas de celui de l’arbitre. La décision est trop importante.»
Que risquent les siffleurs? C’est la seule réponse déjà connue. Après le précédent de Bastia - Lorient, en finale de Coupe de France il y a six ans, une loi a déjà été instaurée pour sanctionner ces comportements. La peine encourue incite à réfléchir: six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende. Mais elle paraît totalement inapplicable. En théorie, les perturbateurs du match de mardi soir sont condamnables. Encore faut-il les repérer.
Romain Scotto