JUSTICE - Ils sont accusés d'avoir distribué des tracts à la sortie d'un collège...
Des tracts publicitaires pour une société livrant de l'alcool à domicile, distribués à la sortie d'un collège-lycée. C'est ce qui s'appelle aller à la rencontre de son cœur de cible. Une audace qui n'est pas du goût de tout le monde, puisque les deux gérants de «Call & Drink» ont été interpellés et placés en garde à vue ce mardi.
Le parquet d'Evry a ouvert une enquête pour « provocation d'un mineur à faire une consommation habituelle excessive d'alcool», avec la circonstance aggravante que les faits, remontant au 3 octobre, ont été commis à proximité d'un établissement scolaire, à
Montgeron.
Une société pleine de bonnes intentions
Les deux associés risquent trois ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Charles est l'un d'entre eux. Contacté par l'AFP, il assure que les prospectus ont été distribués «à l'insu de (leur) plein gré» par des inconnus pensant probablement bien faire et soucieux de faire connaître la société.
Charles désapprouve le tractage devant un collège. Il assure que sa société vise les 20-25 ans, et que le but de la livraison à domicile est que les jeunes ne prennent pas le volant en ayant bu de l'alcool. Un soutien à la sécurité routière bien mal récompensé.
J.M. avec agence
La semaine du goût aussi
Plusieurs associations de prévention en alcoologie ont dénoncé lundi le parrainage de la «
Semaine du goût» par plusieurs marques de boissons alcooliques.
Les logos des partenaires sont toujours visibles, mais les liens des marques incriminées ont été désactivés.
Les signataires de la lettre de protestation estiment que le Premier ministre devrait rendre prochainement un arbitrage sur le sujet, dans le cadre d'une évolution de la loi Evin et de son adaptation au nouveau média que constitue l'Internet.