CULTURE - Interview du comédien, auteur, producteur...
Il n’est pas que Hervé dans
«Caméra Café» mais aussi un mari infidèle dans la pièce de théâtre de Feydeau («Le Système Ribadier»), actuellement en tournée. Bruno Solo, comédien, auteur, producteur, boulimique de boulot, reçoit 20minutes.fr dans les bureaux de Calt, sa société de production.
>> Voir la réaction de Bruno Solo à la mort de Guillaume Depardieu >>
Entre Feydeau et «Caméra Café», vous faites le grand écart?
Détrompez-vous, on peut faire un vrai parallèle entre les deux. Car «Caméra Café» ressemble à du théâtre: on joue face caméra, avec des personnages qui arrivent de la gauche et de la droite. Et c’est une comédie sur le travail et l’entreprise. Feydeau, c’est aussi de la comédie pure, mais sur le couple. Une farce burlesque sur des bourgeois qui se mentent et vivent une situation sclérosée.
Vous avez parlé de «Caméra Café» comme d’une «prison dorée». Pourquoi?
Oui, parce que, pendant quatre ans, je n’ai pas eu le temps de faire autre chose, sinon écrire et tourner 700 sketchs. Mais j’espère que, plus tard, «Caméra café» sera étudié comme l’une des premières comédies à la télé sur le travail, où l’on parle des licenciements abusifs, des suicides en entreprise, de délocalisation sauvage, de racisme, de parachutes dorés, du «travailler plus pour gagner plus», au travers de personnages caricaturés.
Toute bonne comédie a un terreau social et dramatique. On a montré l’ivresse du travail, les petits chefs et la mesquinerie que cela peut entraîner. Toute proportion gardée, l’ancêtre de «Caméra Café» serait
«Les Temps Modernes» de Chaplin qui étudiait ce que serait une société exclusivement portée sur le bonheur de travailler plutôt que sur le bonheur de vivre.
Pourtant, en tant qu'auteur et comédien, vous ne vivez pas les petits drames de l’entreprise…
J’ai eu une vie avant d’être auteur. Et mes copains, ils ne sont pas là à graviter dans les fêtes d’Eddy Barclay. Quand on est auteur, il faut être «aware», pour reprendre l’expression d’un Jean-Claude Van Damme trop peu cité…
Recueilli par Alice Antheaume / Vidéo: Cyprien Iov