Euthanasie: la loi va-t-elle vraiment changer?

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Publié le 14 octobre 2008.

SANTE - Les auditions pour évaluer la loi Léonetti se terminent...

La fin de vie. Un sujet sensible, et des affaires qui ont marqué les esprits en France. On se souvient de Vincent Humbert, en 2003, et de Chantal Sébire, en 2008. Entre les deux, en 2005, un texte: la loi Léonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie. Depuis le mois d'avril, une commission est chargée de l'évaluer et de définir les éventuelles modifications à y apporter. Ce mardi, c'est au tour de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, d'être entendue.

>> Retrouvez l'audition de Roselyne Bachelot en video sur le site de l'Assemblée nationale


Depuis six mois, pas moins de 58 auditions ont eu lieu. Parmi les personnes invitées à se prononcer, d'éminents médecins, des infirmières en soins palliatifs, des proches de patients (comme Marie Humbert), des représentants d'associations sur la fin de vie, ou des politiques, comme Robert Badinter ou la Garde des sceaux, Rachida Dati.

Cette dernière s'est prononcée contre la modification de la loi. Des déclarations qui ont fait réagir un autre auditionné. Jean-Louis Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a en effet estimé que la commission «s'apprête à accoucher d'une souris».

L'euthanasie active pas à l'ordre du jour

En marge des débats, le discours qui prévaut est que la loi est suffisante en l'état, mais serait mal connue, et donc mal appliquée. Pas question donc d'y intégrer la notion d'euthanasie active, qui est pourtant au cœur du problème. Tout juste Robert Badinter a-t-il évoqué la question du suicide assisté, affirmant que l'aide au suicide n'est judiciairement pas condamnable.

Si aucune autre audition n'est prévue à l'heure actuelle, la commission d'évaluation présidée par Jean Léonetti n'exclut pas d'entendre d'autres témoignages. Elle promet de rendre ses conclusions avant la fin de l'année, voire dès la mi-novembre.
Julien Ménielle
La loi Léonetti prévoit la possibilité de soulager la souffrance d'un malade en fin de vie, même si l'administration des médicaments a pour effet secondaire d'abréger sa vie. Elle définit par ailleurs les conditions dans lesquelles la volonté du patient peut être recueillie.
Elle n'aborde pas, en revanche, la question de l'euthanasie active ou du suicide assisté.
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