POLITIQUE - Les déclarations d'hostilité de tous bords se multiplient...
L’entretien de Bernard Accoyer de ce vendredi dans «
Les Echos» n’en finit plus de faire parler. Le président de l’Assemblée nationale y
propose de lancer un «grand emprunt d’Etat» et de proposer une «amnistie fiscale» aux Français qui acceptent de rapatrier leurs capitaux. Après le PS, chacun y va de sa déclaration, y compris au sein du gouvernement.
Une proposition «totalement inadaptée», pour Charles de Courson
La proposition est jugée «totalement inadaptée» même par un allié centriste de l’UMP, le Nouveau Centre. «Nous sommes dans un monde difficile, où il faut montrer au peuple français que dans les instants difficiles, il faut une vraie solidarité entre tous», ajoute le secrétaire de la commission des finances de l'Assemblée, Charles de Courson.
Martin Hirsch est contre, et prêt à se battre
Au sein même du gouvernement, l'idée ne fait pas l'unanimité. «C'est pas ma tasse de thé», déclare sur RTL Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives. «Mon point de vue, c'est pas d'aider ceux qui ont quitté le navire en s'en mettant dans les poches, ajoute-t-il. Mon point de vue, c'est d'aider ceux qui sont dans la cale en ayant des difficultés».
Et si le gouvernement reprenait cette idée, Martin Hirsch annonce la couleur: «Je me battrais, je dirais ce que je pense comme d'habitude». Il prend cependant soin de préciser qu'il «ne pense pas que ce soit à l'ordre du jour».
Luc Chatel repousse le débat
Même son de cloche du côté du porte-parole du gouvernement. Luc Chatel juge qu’une amnistie fiscale «n'est pas vraiment d'actualité et elle n'est pas forcément liée à ce sujet de la crise financière internationale»
Reconnaissant que l'Etat a «besoin de liquidités», il se montre moins catégorique au sujet de la question d’un emprunt d’Etat. Il estime que «l'idée a le mérite d'exister, elle est sur la table» sans pour autant être certain que ce soit «le meilleur moment pour le faire».
Pour le PCF, c’est une «provocation»
Le PCF s’indigne dans un communiqué du fait que «ceux qui se seraient soustraits de la solidarité nationale en échappant à l'impôt seraient désormais blanchis». Pour les communistes, pas de doutes, «il s'agit là d'une provocation inadmissible de la part du troisième personnage de l'Etat»
«Une bonne façon de limiter ce genre de délit serait de s'attaquer aux paradis fiscaux, notamment en Europe. Il est inadmissible qu'au Luxembourg - un des 27 pays de l'Union- les banques facilitent encore, en ce moment même, l'évasion fiscale», conclut le communiqué.
Colère noire chez les Verts
«Profiter de la crise pour favoriser les riches, et pire, les riches hors la loi, est indécent, clame pour sa part Anne Souyris, porte-parole des Verts. Ces propos sont d'autant moins tolérables que la même majorité passe son temps à voter des lois sécuritaires qui enferment de plus en plus de gens dans les prisons parce qu'ils sont pauvres.»
Qu'en pensez-vous? Les riches expatriés peuvent-ils voler au secours des banques?
J.M. avec agence