Le Clézio: «Le prix Nobel est une réponse»
Créé le 09.10.08 à 13h05
Mis à jour le 09.10.08 à 19h22
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CULTURE - L'écrivain français est honoré, 25 ans après le Renaudot...
JMGLC sont ses initiales.
Jean-Marie Gustave Le Clézio vient de recevoir, ce jeudi, le Nobel de littérature.
«Ecrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante», a salué l'Académie du Nobel.
Né à Nice le 13 avril 1940, Le Clézio s'y connaît en multiplicité culturelle. Son père est anglais, sa mère bretonne, et ils ont vécu à l'île Maurice, dans l'océan Indien, ancienne colonie française conquise par les Britanniques en 1810, une île où les habitants jonglent entre les langues (français, anglais, créole) pour s'exprimer.
Puis ils ont déménagé au Nigéria, et pendant le mois que prend la traversée en bateau vers ce pays, il écrit ses deux premiers - et petits - livres, «Un long voyage» et «Oradi noir».
«On écrit pour avoir des réponses»
Interrogé ce jeudi matin sur France Inter à propos de son dernier ouvrage, «Ritournelle de la faim», et ce, avant qu'il sache qu'il obtiendrait son Nobel, Le Clézio a confié que c'était avant tout un prix littéraire: «Quand on est écrivain, on croit toujours au prix littéraire. Un prix, cela représente du temps, ça fait rebondir, ça donne envie d'écrire. On écrit pour avoir des réponses, pour être lu. Ce prix est une réponse.»
Coupant court aux louanges, Le Clézio a refusé de s'inscrire dans l'histoire de la littérature:
«N'en faisons pas trop! A long terme, nous sommes tous morts; à moyen terme, nous avons des difficultés.» Il s'est défendu d'être au niveau de
Claude Simon, le précédent auteur français à avoir été récompensé du Prix Nobel de littérature en 1985.
L'identité dans les livres
Grand blond aux yeux bleus et à l'allure de cow-boy, il a longtemps eu une beauté à couper le souffle. A 68 ans, il est considéré, en France, comme un auteur-culte, dont les ventes figurent souvent au meilleures places des classements.
Dès 1963, le romancier avait d'ailleurs reçu le prix Renaudot, pour «Le Procès-verbal», manquant de peu le Goncourt.
Instabilité revendiquée
Faisant des voyages une quasi religion, de l'exil un statut, il se dit admirateur de Stevenson et de Conrad et a parcouru les Etats-Unis, la Thaïlande en tant que coopérant, ou encore le Mexique. Il a aussi été employé dans les années 70 par l'Institut d'Amérique latine en Amérique centrale.
«Je suis assez itinérant, instable, pas très sûr de l'endroit où je veux habiter, a-t-il déclaré dans le passé. Il faut que je me rallie à une identité et pour moi cela passe par le langage écrit, par les livres. Ma vraie famille c'est dans les livres que je la trouve, c'est ma patrie (...) On arrive à confondre ses propres souvenirs avec ceux que l'on gagne à lire.»
Marié et père de deux filles, il vit aujourd'hui à Albuquerque dans l'Ouest des Etats-Unis mais vient souvent à Nice et dans sa maison bretonne de la baie de Douarnenez.
Prix et discours à venir
Après 45 ans à écrire, Le Clézio recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre à Stockholm. Dans le discours qu'il prononcera, Le Clézio a annoncé vouloir évoquer «la difficulté que les jeunes ont à se faire publier», surtout quand ces jeunes habitent loin des pays qui tiennent le système éditorial, ou quand ils pensent en créole, ont du mal à traduire leur pensée en français et à trouver un éditeur en dehors de son île: «On doit sans cesse frapper aux portes, se heurter à des murs.» Pour le nouveau Nobel, il faudrait repenser l'édition et supprimer les taxes sur les livres. «C'est un système dans lequel il est très difficile d'être différent», conclut-il.
Avez-vous lu Le Clézio? Qu'en pensez-vous? Dites le nous dans les commentaires ci-dessous...
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