JUSTICE - Elles ont laissé une lettre expliquant qu'elles ne voulaient pas retourner chez leur mère en Italie...
Béatrice Labeau-Bettinger, avocate du père des deux jeunes filles disparues lundi à Reims, a déclaré à «20 Minutes» que son client avait entamé une grève de la faim, confirmant ainsi
une information du Post.fr : «Il est désespéré, révolté contre la justice française qu’il tient pour responsable de sa situation. Il entame une grève de la faim. Il est très très abattu», nous a-t-elle déclaré. Valérie, 13 ans, et Sophie, 11 ans, ont disparu du domicile de leur père, Rénaldo Galtiéri, un Franco-Italien de 36 ans, sur le trajet le menant au collège voisin Thomas Gousset à
Reims (Marne).
Même si l'hypothèse de la fugue est privilégiée, une information judiciaire contre X pour «enlèvement» a été ouverte mercredi. «Après avoir exploité toutes les pistes possibles (familiale, amicale et autres...), et n'ayant rien découvert, j'ai décidé de retenir une infraction pénale qui permet de faire certaines investigations d'ordre technique que l'on ne pourrait pas faire uniquement dans le cadre d'une fugue», a expliqué la procureure de la République de Reims, Madeleine Simoncello.
Leur mère a saisi la justice pour les récupérer
Un problème de garde au sein d'un couple mixte semble être à l'origine de cette affaire. Nées en Italie, les fillettes ont quitté ce pays pour Reims avec leur père à l'été 2007. Leur mère, une Italienne âgée de 37 ans qui réside à Lamezia Terme en Calabre, a alors saisi la justice pour les récupérer. Dans la lettre en italien retrouvée dans leur chambre, les sœurs expliquent «ne pas avoir confiance en la loi française qui ne nous a pas aidées. Nous préférons mourir que retourner en Italie.»
En juillet dernier, un juge de Reims avait ordonné une expertise psychologique des enfants, selon leur avocate, Céline Bole-Richard. Mais le parquet a fait appel avant que cette expertise ait pu être réalisée et, le 2 octobre, la cour d'appel de Reims a ordonné que les adolescentes retournent en Italie auprès de leur mère, qui en a la garde depuis la séparation du couple en 2004.
«Elles ont peur de retourner en Italie où elles sont en danger»
«La justice me reproche de les avoir enlevées à leur mère. Maintenant, la police me reproche de les avoir cachées, mais c'est absurde, ce n'est pas le cas. Elles ont peur de retourner en Italie où elles sont en danger», a affirmé le père, chauffeur de poids-lourds.
Selon l'avocate du père, Béatrice Labeau-Bettinger,
qui témoigne dans «Le Parisien», quand leur père «a enfin pu voir ses filles, le jour de son anniversaire, le 17 juillet 2007, elles lui ont expliqué être maltraitées et même menacées de mort chez leur mère. Il les a alors ramenées en France avec lui pour les protéger.»
C. F. et L.de C. (avec agence)