Ce serait bien la seule bonne nouvelle du marasme actuel. Hier, l'Observatoire national interministériel de sécurité routière a dressé un bilan particulièrement positif du mois de septembre sur les routes : 25,2 % de tués en moins, soit 108 personnes épargnées, par rapport à septembre 2007.
Le nombre de blessés a lui aussi chuté de 20,8 %, et 850 accidents corporels ont été évités. Le gilet jaune ? Les campagnes chocs de communication contre l'alcool au volant ? Pas vraiment. Plutôt la crise, pour le professeur Claude Got, spécialiste de la sécurité routière : « L'augmentation du prix du pétrole, les réductions du pouvoir d'achat et l'inquiétude des consommateurs sont des facteurs favorables à la sécurité routière », écrit-il sur son site www.securite-routiere .org. « Les gens effectuent moins de kilomètres et roulent moins vite pour économiser du carburant et réduire les dépenses », poursuivait-il hier sur France Info. Pour Jean-Yves Salaun, de l'association Prévention routière, la dégringolade du pouvoir d'achat n'est pas la seule explication à la baisse du nombre de décès sur la route : « Depuis le début de l'année, les comportements des conducteurs ont vraiment changé. On compte, par exemple, beaucoup moins d'excès de vitesse grâce aux radars. » En somme, c'est donc le prix de l'essence et la peur de la prune qui font lever le pied, davantage que la prévention. « Du moins à court terme », veut-il croire.