ENVIRONNEMENT - Jean-Louis Borloo appelle les députés à s'engager dans un changement de stratégie «lourd, irréversible»...
L’examen du projet de loi du Grenelle de l’environnement
a débuté mercredi à l’Assemblée nationale. Lors de la présentation du texte, appelé «
Grenelle 1», le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a appelé les députés à s'engager dans un changement de stratégie «lourd, irréversible».
«Bien sûr, on trouvera toujours des commentateurs pour dire qu’on ne va pas assez vite (...). Et inversement, des gens pour dire qu'on va beaucoup trop vite. Ces interrogations ne doivent pas nous détourner de nos objectifs, a-t-il déclaré. C'est un changement de stratégie lourd, irréversible, que je vous propose aujourd’hui», a-t-il ajouté. Soulignant la dimension novatrice du Grenelle de l'environnement, «grande opération de radiographie collective et démocratique», il a estimé que le projet de loi permettait de «préparer l'avenir».
400 milliards d’euros d’investissements
«A ceux qui disent "ça coûte trop cher", je dis "non", car l’essentiel du processus est fondé sur des économies», a-t-il expliqué. «Le Grenelle est un processus solide, a-t-il martelé. Solide parce que financé et techniquement possible. Solide parce que concerté. Solide parce que tous les acteurs ont donné leur accord sur l’essentiel».
De son côté, Nicolas Sarkozy, qui visitera jeudi matin le salon mondial de l'automobile à Paris, devrait annoncer dans un discours le lancement d'un plan gouvernemental destiné à favoriser la construction des «véhicules propres».
Un texte qui suscite déjà des mécontentements
Malgré les précautions de Jean-Louis Borloo, le texte su-scite déjà des mécontentements. Le député UMP Michel Herbillon a jugé mercredi «hors du temps» de débattre du projet de loi relatif au Grenelle de l'environnement à l'Assemblée nationale en pleine crise financière internationale.
Le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) s'inquiète de son côté d'une série d'amendements au projet de loi Grenelle déposés par les «lobbies agricoles» et ciblant la réduction de moitié des pesticides d'ici à 2018.
Les transporteurs bretons dénoncent le coût de l'écotaxe sur les camions, prévue par le projet de loi Grenelle de l'environnement, soulignant que la Bretagne y contribuerait trois fois plus que la moyenne des autres régions. «Les acteurs économiques bretons, dont fait partie intégrante le transport routier, n'accepteront pas cette nouvelle taxe», assurent la FNTR-Bretagne (la Fédération nationale des transporteurs routiers) et la TLF-Bretagne (Fédération des transports et logistiques de France).
Les discussions à l’Assemblée nationale devraient durer environ deux semaines.
Avec agence