« Même avec deux salaires, ça devient difficile d'inscrire tous ses enfants dans le privé. » Béatrice Barraud, présidente de l'Association des parents d'élèves de l'enseignement libre (Apel), qui représente 815 000 adhérents, confirme le diagnostic posé, hier matin, par le secrétariat général de l'enseignement catholique. La dégringolade du pouvoir d'achat pousse certains adultes à retirer leur progéniture des écoles privées. Le nombre d'élèves y a baissé de 0,2 % en cette rentrée, mais le primaire a perdu, à lui seul, 5 200 inscrits. Une première. « Dans le contexte économique actuel, la cantine pèse notamment très lourd. Si la municipalité choisit de ne pas participer, le repas d'un enfant peut nous coûter jusqu'à 6 euros par jour », poursuit Béatrice Barraud, elle-même mère de famille.
De fait, ce ne sont pas tant les frais de scolarité - restés stables à 300 euros en moyenne dans le primaire - que les coûts annexes de la restauration et du transport qui poseraient problème. En un an, le repas quotidien a d'ailleurs augmenté de 1 euros. En cause : la hausse des prix des matières premières. Alors certains établissements se serrent la ceinture pour garder les enfants qui ne peuvent pas payer. « Chez nous, la cantine est obligatoire. On accorde jusqu'à 50 % de réduction aux familles qui nous semblent en difficulté, explique la directrice d'une école privée de l'académie de Créteil. C'est une question de solidarité. » Les académies où le nombre d'inscrits a le plus baissé sont celles de Lille, Toulouse, Nancy-Metz et Clermont-Ferrand.