Ceux qui luttent contre les deux grandes maladies des temps modernes sont à l'honneur. Le prix Nobel de médecine a récompensé l'Allemand Harald zur Hausen, qui a identifié le virus provoquant le cancer du col de l'utérus, et les Français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, à l'origine de la découverte du virus immunodéficitaire (VIH) responsable du sida. Cette découverte « a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement antirétroviral », selon le comité Nobel, qui ne mentionne pas le professeur américain Robert Gallo, souvent considéré comme le codécouvreur avec Luc Montagnier du rétrovirus. « Ma première réaction est de penser à tous les malades du sida et à tous ceux qui sont toujours en vie et qui se battent contre la maladie », a déclaré, hier, Luc Montagnier, en marge d'une conférence internationale à Abidjan. Il a aussi annoncé la création d'un vaccin thérapeutique d'ici à quatre ans s'il dispose de moyens financiers. Près de 33 millions de personnes séropositives sont dénombrés dans le monde.
« Le prix Nobel va nous rebooster, qu'on soit chercheurs, décideurs, politiques ou médecins. Et montre que la lutte doit se poursuivre alors qu'il y a encore des éléments de blocage importants, avec la non-découverte du vaccin et des mesures de prévention qui restent à trouver », a assuré hier l'Agence française de recherches sur le sida et les hépatites. Les lauréats recevront leur prix le 10 décembre à Stockholm.