Dix ans d'atterrissage en douceur pour les parachutes dorés

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Publié le 6 octobre 2008.

ENTREPRISE - En 1999, les Français découvraient les «Golden Parachute». Depuis ils n'ont cessé de faire parler d'eux...

Le Medef a présenté ce lundi son nouveau «code de gouvernance». Objectif: en finir avec «les parachutes dorés»  qui empoissonne la vie des entreprises depuis près de 10 ans.

1999: les Français apprennent la signification de l’expression anglaise «Golden Parachute». Philippe Jaffré démissionne de la présidence d’Elf après l’OPA de TotalFina sur sa société: il part avec une indemnité de 38 millions d’euros. La polémique sur les parachutes dorés est lancée.

En 2002, Jean-Marie Messier, patron de Vivendi, fait état de pertes record: il s’agit des plus importantes jamais enregistrées par une société basée en France. Après s’être offert en 2001, un appartement new-yorkais estimé à 17,5 millions de dollars, il démissionne et touche un peu plus de 20 millions de dollars. Il sera inculpé pour délit d’initié en 2004.

Aussi en cas de licenciement

Il n’y a pas qu’en cas de démission qu’on a droit à un «parachute doré». Ça marche aussi en cas de licenciement comme le prouve Daniel Bernard en 2003. Dirigeant de Carrefour de 1992 à 2005, il est poussé dehors pour cause de mauvais résultat. Il part malgré tout avec une indemnité de 38 millions d’euros: 9 millions versés au moment du départ et le reste sous forme de rente.

Récemment mis en examen pour «délit d’initié», Noël Forgeard est loin d’être le recordman du «parachute doré». L’ex-patron du groupe d’aéronautique européen n’a touché que 8,4 millions d’euros après sa démission d’EADS: 6 millions en guise d’au revoir et 2,4 millions en vertu de sa clause de non-concurrence.

Des montants à la baisse

Autre patron ayant eu des démêlés avec la justice, Denis Gautier-Sauvagnac, ex-président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), est mis en examen le 15 janvier 2008 pour abus de confiance, recel d’abus de confiance et travail dissimulé. Dix jours plus tard, le magazine Marianne révèle qu’il a négocié 1,5 million d’euros pour son départ. Il ne touchera finalement que la moitié de cette somme.

Depuis le parachute doré record de Philippe Jaffré (38 millions d’euros), les montants versés aux dirigeants démissionnaires ont tendance à s’afficher à la baisse. En 2008, le directeur général de Sanofi-Aventis, Gérard Le Fur, ne touchera d’ailleurs «que la moitié» de son indemnité de départ: soit tout de même 2,705 millions d'euros. Les actionnaires étaient satisfaits du bilan de Gérard Le Fur. Il ne sera cependant resté que deux ans à la tête de l’entreprise pharmaceutique qui vient d’annoncer 927 suppressions d’emplois.
A.L.
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