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L'union sacrée du G4 sera-t-elle suffisante pour calmer la tempête?

Créé le 05.10.08 à 17h21 | Mis à jour le 05.10.08 à 19h23  | 173 commentaires
Nicolas Sarkozy (C), entouré par les participants du mini-sommet sur la crise financière, le 4 octobre 2008 à Paris
Nicolas Sarkozy (C), entouré par les participants du mini-sommet sur la crise financière, le 4 octobre 2008 à Paris/Gérard Cerles AFP

CRISE FINANCIERE - Si le sommet convoqué par Nicolas Sarkozy devrait rassurer les opinions publiques...

Samedi à l’Elysée, les principaux dirigeants européens (Londres, Paris, Berlin et Rome) ont semblé décidés à effacer leurs différends. Histoire de rassurer l’opinion publique. Mais, la bonne entente sera-t-elle suffisante pour calmer la tempête boursière, rassurer les marchés financiers et éviter la spirale de la récession.

Ainsi, à peine de retour à Berlin, Angela Merkel est confrontée, ce dimanche, au risque de faillite d’une grande banque immobilière allemande, Hypo Real Estate, HRE. Crise qui a poussé le gouvernement allemand, dimanche après-midi, à annoncé la garantie de l’Etat pour tous les dépôts d’épargne de particuliers.

Epreuve du feu

Comme  l'a souligné le directeur-général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn samedi, la solidité de la zone euro va être mise à rude épreuve. «Nous n'avions pas encore subi au sein de la zone euro l'épreuve du feu. Là c'est l'épreuve du feu. Il faut que l'Europe, et en particulier la zone euro, puisse montrer qu'elle est capable de répondre à des situations de crise», a-t-il prévenu.

La crise financière illustre les différences, à la fois dans l'approche et les moyens, entre les pays occidentaux.

Partie des Etats-Unis, elle a touché en premier lieu les banques et établissements financiers de ce pays. La banque centrale américaine (Fed) s'est engagée dès le début 2008 dans un mouvement accentué de baisse des taux pour apporter aux établissements financiers les liquidités dont ils avaient besoin.

Intervenir ou non

Lorsque les choses se sont brutalement aggravées à la mi-septembre, les autorités américaines n'ont pas hésité à prendre des mesures drastiques comme des nationalisations de facto faisant entorse à leur credo libéral. Cette politique a abouti au «plan Paulson» de sauvetage des banques.

Rien de tel pour l'instant au sein de l'UE. La Banque centrale européenne (BCE), vestale de la lutte contre l'inflation, n'a pas bougé et les velléités de fonds européen de soutien aux banques ont été immédiatement torpillées par l'Allemagne.

Convaincre les 27

L'essentiel des débats porte sur le degré de souplesse qui pourrait être introduit dans le «Pacte de stabilité européen», qui impose aux pays de la zone euro de fortes contraintes budgétaires.

En plaidant pour l'application des «circonstances exceptionnelles» prévues par ce pacte, la France prend acte de la sévérité de la crise économique qui s'annonce. Cette clause ne peut en effet s'appliquer qu'en cas de croissance négative ou de période prolongée de très faible croissance.

S'il a réussi à plus ou moins convaincre ses homologues du G4, d'avoir une politique volontariste, peu regardante du Pacte de stabilité, Nicolas Sarkozy doit encore persuader Bruxelles et les autres membres del'Union européenne de la justesse de sa vision. Paris aura l'occasion de plaiser dès lundi, lors d'une réunion des ministres des Finances de l'Union.
Clémence Lemaistre avec agence
 
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