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«Une réponse tardive et désunie à la crise»

Créé le 05.10.08 à 12h05 | Mis à jour le 05.10.08 à 12h07  | 18 commentaires
(GàD) Jean Claude Junker, Silvio Berlusconi, Angela Merkel, Photo Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, José Manuel Barroso et Jean-Claude Trichet lors de la photo de famille à l'Elysée, le 4 octobre 2008 à Paris.
(GàD) Jean Claude Junker, Silvio Berlusconi, Angela Merkel, Photo Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, José Manuel Barroso et Jean-Claude Trichet lors de la photo de famille à l'Elysée, le 4 octobre 2008 à Paris./Gérard Cerles AFP

REVUE DE PRESSE - Les journaux européens sont moins enthousiasmés que les quotidiens français après le mini-sommet du G4...

Alors que les quotidiens français décernaient une bonne note au président Sarkozy et à ses homologues européens, plusieurs grands journaux européens émettaient dimanche des avis mitigés sur le sommet du G4 à Paris consacré à la crise financière. Si certains saluent, comme les journaux de l’Hexagone, la solidité de l'Europe; d’autres sont plus sévères et sur les risques de désunion.

«L'Europe renonce à un plan de sauvetage conjoint contre la crise», titrait à Madrid El Pais (centre-gauche), en estimant que l'Union européenne «n'a pas les institutions nécessaires pour répondre (à la crise) comme les Etats-Unis».

«L'Union européenne tient», commentait, à l'inverse, à Rome, le Corriere della Sera, le plus grand quotidien italien, en titrant sur la volonté affichée des quatre grands pays européens de «défendre les banques».

En Suisse, plusieurs journaux relèvent le rôle joué par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne. «Sarkozy voit (la crise financière) comme un challenge personnel», écrit le journal zurichois Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

Les quatre membres européens du G8 -France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie- ont dressé samedi un catalogue de mesures pour faire face à la crise financière et pris l'engagement solennel de soutenir les banques européennes. Mais ils n'ont pas endossé l'idée d'un fonds européen de soutien, avancée avant la réunion mais catégoriquement rejetée par l'Allemagne.

L'Italie satisfaite

A Rome, le ton était globalement positif, la presse relevant la proximité des vues entre le chef du gouvernement Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy.

«L'Europe répond (bien) à l'Amérique», estimait un analyste du journal économique Il Sole-24 ore, selon lequel les résultats du sommet dépassent «les attentes les plus optimistes». «En ces temps marqués par une excitation exagérée et une perte de confiance diffuse, cette voix tranquille mais déterminée de l'Europe peut offrir une contribution précieuse à la pacification du marché financier», conclut cet analyste.

Optimiste lui aussi, le Corriere della Sera tempère cependant, en écrivant que «beaucoup dépendra de la suite qui sera donnée par l'Eurogroupe et l'Ecofin lundi, puis par la Commission européenne et la Banque centrale européenne».

La Repubblica (centre-gauche) souligne pour sa part la convergence de vues entre Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy sur l'idée d'un fonds commun européen pour sauver le système bancaire. Mais la bataille «était perdue d'avance puisque Angela Merkel et Gordon Brown y étaient catégoriquement opposés».

L’Espagne absente et critique

En Espagne, un pays de l'UE absent du sommet, les grands journaux se montrent plus critiques après cette réunion limitée aux seuls pays européens membres du G8, et qui apporte, selon El Mundo (centre-droit), une «réponse tardive et désunie de l'Europe à la crise».

L'UE «a de nouveau montré sa cohésion précaire et son manque de cohérence», ne parvenant pas à «dissiper le mal-être provoqué par cette réunion polémique», qui n'a pas inclus la totalité des 27 pays de l'UE, commente le journal catalan El Periodico.

ABC (conservateur) regrette lui que «tous les responsables des économies les plus importantes d'Europe n'aient pas été présents».

«La crise financière semble plus profonde aux Etats-Unis» mais «au sein de l'UE, une crise moindre pourrait être plus dévastatrice en l'absence d'architecture institutionnelle et de volonté politique», avertit El Pais.

 
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