EPARGNE - Les excédents du livret A pourraient servir au financement de l'économie...
L'épargne du citoyen pour sauver les grandes banques d'investissement? Ou si l'on reprend la dichotomie américaine Main Street, l'homme de la rue, qui vient à la rescousse de Wall Street, les institutions financières désormais en difficulté après tant d'années d'abondance?
Dans une interview parue ce mercredi dans
«les Echos» le Premier ministre annonce qu'il envisage de «réaffecter» au financement de l'économie les «excédents de la collecte» du livret A.
Ce placement attire de plus en plus d'épargnants notamment en raison de la crise financière. Interrogé sur les moyens de faciliter le crédit aux particuliers et aux entreprises, François Fillon relève qu'il y a des «excédents de la collecte par rapport aux besoins du logement social», auxquels ils sont traditionnellement destinés, et «qu'ils doivent pouvoir être réaffectés».
Soulager les problèmes de liquidités des banques
Bercy étudie actuellement la possibilité de faire profiter les banques d'une partie dusurplus pour soulager leurs problèmes de liquidité. Elles pourraient ainsi continuer à financer les entreprises, avec des ressources stables sur un moye terme. Et la confiance pourrait revenir...
Pour «le Figaro», «le mécanisme précis n'est pas encore arrêté. L'idée générale consisterait à investir une partie des fonds du livret A disponibles dans des emprunts - type certificats de dépôts - qui seraient émis par les banques pour une durée limitée.»
Fin juillet, les fonds déposés sur Livret A s'élevaient à 128,1 milliards d'euros, en hausse de 9,8% sur un an. La collecte a fortement augmenté ces derniers mois, conséquence de la hausse du taux de rémunération du Livret (porté à 4% en août) et de la chute des marchés boursiers. Le livret est devenu une valeur refuge, l'afflux de liquités a surpris par son ampleur. Pour Fillon, il dépasserait donc largement les besoins de financement du logement social.
Une piste «intéressante» pour Copé
Interrogé sur la proposition de François Fillon, Jean-François Copé, s'est dit intéressé tout en restant prudent: «Il est normal que les Français, dans cette période, soient en interrogation par rapport à tout ce qui se passe. Notre rôle, c'est de leur montrer que nous agissons avec responsabilité et maturité. Et dans ce moment-là, il faut trouver des ressources qui vont permettre de faire le joint ».
«Si on met ce tuyau en place, il n'en reste pas moins que ça doit se faire dans une logique de sécurisation complète du Livret A, une garantie de l'Etat ou d'établissements qui dépendent de l'Etat comme la Caisse des Dépôts, a expliqué le président du groupe UMP à l'Assemblée. C'est une piste qui à mon sens est très intéressante parce que c'est de la ressource sécurisée et garantie par l'Etat ».
«Faciliter l'accès au crédit immobilier pour les particuliers»
Le gouvernement étudie par ailleurs le relèvement du plafond du fonds de garantie à l'accession sociale à la propriété. Le plafond actuel limite à 20% la proportion potentielle d'accédants.
«En relevant ce plafond, on doit pouvoir rendre ce fonds opérationnel pour la majorité des accédants. Cela permettrait de diminuer le risque des établissements bancaires et de faciliter l'accès au crédit immobilier pour les particuliers», explique François Fillon.
Renflouer les PME
Selon «le Figaro», le gouvernement étudie deux autres pistes en faveur des PME. Tout d'abord, l'augmentation des interventions d'Oséo Garantie, un système par lequel l'établissement public partage le risque de financement avec les banquiers, en garantissant pour un certain pourcentage (40 % ou 70 %) le remboursement du financement, ou bien en cofinançant l'investissement avec les banques.
Vendredi, lors du sommet informel qui sera organisé à Paris entre les quatre pays européens membres du G8 en présence de Jean-Claude Trichet, José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker, l'Elysée rappellera que le dernier conseil des ministres européens Ecofin à Nice a fixé à la Banque européenne d'investissement (BEI) l'objectif d'accorder 15 milliards d'euros de prêts aux PME européennes sur deux ans (2008-2009).
Ce niveau de prêt représente une hausse d'environ 50% par rapport à 2007, où la BEI a prêté 5,2 milliards aux PME par l'intermédiaire de banques privées. Et en ces temps de crise, une stricte application de ce plan n'est pas une gageure.
Avec agence