CONSOMMATION - L'UFC-Que choisir s'attaque aux réglementations encadrant des aliments censés améliorer la santé…
Pas de peau plus douce, pas moins de cholestérol. L'UFC-Que choisir a dénoncé ce mardi l'absence de réglementation concernant les alicaments, ces produits qui sont censés faire baisser améliorer la santé. L’association a demandé la mise en place de règles obligeant les fabricants à prouver les vertus des produits.
«Il y a urgence à assainir les pratiques» au regard notamment de tous les projets, dont certains visent les malades atteints d'Alzheimer, a expliqué Alain Bazot, le président de l'UFC-Que choisir.
Les «alicaments» sont des aliments courants
L'association a rendu public une étude qu'elle a menée sur le yaourt «Essensis» de Danone qui promet au consommateur de «nourrir sa peau de l'intérieur». Bilan: «pas de supériorité statistiquement significative».
Au regard de la réglementation, les alicaments - «néologisme récent forgé à partir d'aliment et de médicament» - sont «des aliments courants. Il n'y a donc pas d'exigence spécifique en termes de composition ou de communication» contrairement à certains aliments destinés à un public particulier comme les bébés ou les sportifs, déplore l'UFC.
Améliorer la barrière cutanée de l’intérieur
Du côté de Danone, on souligne au contraire que la réglementation pour «les allégations de santé» existe et elle est très «stricte», selon Sven Thormahlen, patron du service recherche et développement.
Il réfute le test de l'UFC-Que choisir sur «Essensis», expliquant que l'association de consommateurs avait utilisé des normes de cosmétique, c'est-à-dire mesurant les effets d'un produit sur la surface de la peau. Selon lui, Danone propose d'améliorer «la barrière cutanée par l'intérieur».
Justifier un prix plus élevé
L'UFC souhaite quoi qu’il en soit que l'AFSSA (Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments) et l'AESA (Agence européenne pour la sécurité des aliments) mettent en place des règles pour «définir la méthodologie» et exige des «résultats vérifiables».
Selon Alain Bazot, les alicaments, qui représentent «6 à 8% des produits alimentaires», permettent surtout aux fabricants, de «se distinguer des marques de distributeurs», voire de «justifier un prix plus élevé pour une qualité similaire».
Avec agence